14Apr

La vallée de la Saoura est une région enclavée, que l’erg occidental serpente. Située au sud-ouest de l’Algérie, elle doit son nom à l’Oued Saoura formé par la confluence de Oued Zousfana et Oued Guir.

La vallée de la Saoura est une région enclavée que l’erg occidental serpente. Située au  sud-ouest de l’Algérie, elle doit son nom à l’Oued Saoura formé par la confluence de Oued Zousfana et Oued Guir.  

Les gravures rupestres vielles de plus de 30.000 ans  (Ghar diba, la « grotte de la louve ») nous renseignent sur la vie préhistorique faite d’élevage et de cueillette. 

Plus tard, la vallée devint grâce à son emplacement géographique, un passage incontournable des caravanes et un carrefour important, rapprochant la Méditerranée à l'Afrique de l’ouest. On raconte, à ce sujet, que le Sultan Noir ( Lakhel ) Abû al-Hasan `Alî ,le sultan mérinide de Sijilmassa, y séjourna .

La vallée de la Saoura est reconnaissable entre mille grâce à ses caractéristiques géographiques, ses couleurs et sa diversité affirmée par la présence d’un sable ocre qui contraste avec les paysages lunaires des régions du nord-ouest. Le chapelet des ksour de la vallée est quant à lui, le théâtre de célébrations mystiques.


Mysticisme et spiritualité

La vie des ksours s’articule autour d’un mysticisme cultivé depuis des ères lointaines. L’architecture des ksour est vieille de plus de 15 siècles, elle est l’emblème du  génie de l’homme qui a réussit à dompter une terre aride et peu clémente. La construction, et l’aménagement des ksours illustrent et consolident la configuration sociale.

Parmi les principaux ksour, on compte celui d’ El Bayadh  (el  fantasia), on y célèbre encore aujourd’hui la parade des chevaliers, symbole du passé chevaleresque de la région. Par ailleurs, le ksar fut marqué par le passage de Cheikh Bouamama. 

L’antique Kenadssa constitue le siège des Ziani : une confrérie fondée par Sidi Mohamed Ziane. La ville forteresse compte certains édifices religieux tels que la mosquée De Sidi Ahmed Abderhamne construite au XVII siècle. Aux alentours, Seule Béchar, une ville coloniale anciennement appelée Colomb-Béchar, est de création récente.

La fameuse Taghit, dite « l’Enchanteresse » (la Perle) du grand erg occidental, est quant à elle, célèbre pour la fête du moussem ( célébrée au mois d’octobre à l’occasion de la fin des travaux agraires. )

Enfin, Beni abbès constitue l’épicentre de la région; c’est un véritable foyer de pèlerinage qui chaque année rassemble des milliers de fidèles venus de toute part pour Événement majeur de la vallée de Saoura.

Toutes les zaouïas des ksour de la vallée se réunissent lors de la célébration du Mawlid ( fête religieuse commémorant la naissance  du prophète Mohamed ); pendant laquelle les principaux pôles spirituels de la vallée de la Saoura ( Zaouia de Sidi M’hamed Ben Bouziane de Kenadsa, de Sidi Slimane Ben Bousmaha de Béni-Ounif et celle de Sidi Ahmed  Benmoussa Moulay de Kerzaz) convergent et célèbrent l’événement. Les bougies ornent les maisons et les chants liturgiques et prières résonnent  jusqu’à l’aube .

« Par la célébration du mawlid, la communauté redevient contemporaine du Prophète. Elle « assiste » à la naissance de celui auquel elle doit son existence en tant que communauté ».* Le fait religieux, comme vecteur social, marque la société et jalonne la vie quotidienne des contrées du Sahara; la vallée de la Saoura  ne déroge pas à cette règle. Le rite, de par sa double fonction : célébration et communion, assure la pérennité du tissus social .

Leila Assas

 

 

  1. Chavaillon N.   l’atérien  de la Zaouia el Kbira au Sahara  nord occidental   – Lybica 
  2. Maurice Cortier, D’une rive à l’autre du Sahara,‎ 1908
  3. * Citation : Abderrahmane Moussaoui, Espace et sacré au Sahara , CNRS Editions,2002  
  4. www .onat.com


Publié initialement sur Babzman

 


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13Apr

L’implantation de l’islam en Afrique du nord, ne se fit pas sans troubles et insurrections. La mort de Koceila, chef de la tribu des Awraba en l’an 688 marque le début de rixes entre divers dynasties musulmanes qui opposèrent musulmans arabes et berbères.

L’implantation de l’islam en Afrique du nord ne se fit pas sans troubles et insurrections. La mort de Aksel*, chef de la tribu des Ath Awraba en l’an 688, marque le début de rixes entre diverses dynasties musulmanes qui opposèrent musulmans arabes et berbères. Les Ath Ifren de la tribu Zénète ( Banou Ifren pour les sources arabophones ) figurent parmi les premières tribus islamisées en nord Afrique, aux cotés des Ath Maghraouas qui, sitôt fait, entrèrent en conflit avec les Omeyyades et Abbassides venus du Machriq ( l’Orient musulman ).


Le Royaume sufrite de Tlemcen

Proclamé imam suite au décès de Khaled Ibn Hamid al-Zanati en l’an 736, Abou Qurra professe le Kharidjisme sufrite : un courant de pensée de l’islam qui propose de nouvelles réformes au dogme. En 765, Abou Qurra rassemble les tribus berbères sous son commandement pour déclarer une insurrection contre l’impôt omeyyade. 

À la tête d’une armée de plus de  40 000 cavaliers et fantassins ainsi que 6000 ibadites menés par Ibn Rustom et des troupes Sanhadja, il s’empare de Tobna près de Batna, du Constantinois puis de Kairouan. Ce qui correspond selon les sources historiques au territoire contrôlé auparavant par Aksel. Par la suite, il sera accusé d’avoir signé un pacte avec le chef abbaside Omar Ibn Hafs pour se retirer de Tobna, moyennant une somme d’argent. Cet incident sema la discorde parmi ses alliés.

Il est à souligner que la tribu des Ath Ifren a soutenu Dihya (Kahina) et Aksel avant la conversion de ce dernier à l’islam lors de leur insurrection contre les omeyyades. Cela nous renvoie à une longue tradition d’allégeance islamo-berbère.

En l’an 790, Abou Qurra établit sa capitale sur les ruines de Pomaria, la romaine près de Tlemcen et qu’il fit baptiser Agadir. Devenue un symbole de l’hégémonie berbéro-musulmane au Maghreb central, la ville se dote de monuments cultuels, fortifications et souks. Une des conséquences de la prise de pouvoir par les Ifrenides est l’alliance et le traité de paix scellé avec les Idrissides dont le chef Idriss Ibn’abd Allah al-Kamil : fondateur du royaume idrisside.

Les deux alliés Ifrinides et Idrissides repoussent les ennemies communs Omeyyades et Abbasides redéfinissant ainsi la carte du Maghreb médiéval. Abou Qurra entretient ainsi une longue tradition de résistance ifrenide. Connus pour avoir repoussé les romains, les Byzatins et les premières invasions arabo-musulmanes, ils emploient la même fougue à maintenir leur position au sein de la sphère musulmane.


Leila Assas


Bibliographie :

  1. Histoire des souverains du Maghreb, Roudh el Kartas, d’Ibn Abi Zar, traduit par A. Beaumier.
  2. Abdelmadjid ABOURA et Dalila BERKANI ,Etude onomastique et territorialisation de l’espace toponymique. Cas de la ville de Tlemcen
  3. Kaddache, Mahfoud, L’Algérie médiévale, Alger, éd. ENAL, 1992.


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25Mar

PAM rend hommage à Slimane Azem, le géant algérien de la chanson kabyle, né le 19 septembre 1918. Il fut chanteur, auteur et compositeur, mais avant tout un poète de l’exil, de la révolte et de l’insoumission.

PAM rend hommage à Slimane Azem, le géant algérien de la chanson kabyle, né le 19 septembre 1918. Il fut chanteur, auteur et compositeur, mais avant tout un poète de l’exil, de la révolte et de l’insoumission. 

Slimane Azem est, inéluctablement, un des maillons forts la tradition lyrique kabyle qui lie l’antan au présent. Il n’a que onze ans lorsqu’il quitte son village d’Agouni Guehrane ( non loin de Tizi Ouzou) et sa vie de jeune berger rêveur pour s’embaucher comme ouvrier agricole dans les champs d’un colon. Huit ans plus tard, le jeune homme part rejoindre son frère en France où il travaille en tant qu’ouvrier. Comme beaucoup d’Algériens de sa génération installés dans l’hexagone, sa vie est jalonnée par deux guerres, l’exil et la nostalgie.

Le chantre de l’exil 
La Seconde Guerre mondiale le trouve en France et Azem le berger, l’ouvrier des aciéries de Lorraine, devient simple soldat, mobilisé durant la « drôle de guerre » puis réformé en 1940. Il embauche alors comme électricien dans le métro parisien. Mais les Allemands le réquisitionnent, et l’envoient travailler dans les usines de la Rhénanie. Il ne revient qu’en 1945, à Paris une fois la guerre finie. Là, il devient gérant d’un café du XVe arrondissement où il se produit pour un public majoritairement kabyle. Il écrit et compose les chansons qu’il interprètes. En 1950, il intègre la SACEM en tant qu’« auteur-mélodiste nord-africain ». C’est le début d’une carrière musicale aussi longue que prolifique. La dualité de son œuvre à la fois légère et solennelle traduit la complexité de ce personnage attendrissant et sensible. À la fois traditionaliste mais aussi foncièrement contemporaine, sa discographie est une œuvre riche, foisonnante, pétrie de son terroir natal, la Kabylie, autant que de son exil et de son spleen latent. De quoi rappeler au plus haut point Si Mohand u Mhand, le poète errant de la Kabylie du XIX siècle, fils d’un insurgé, à qui Slimane Azem dédie sa première chanson enregistrée en 1951, « À Moh À Moh ».
Slimane Azem – A Moh A Moh
« Quand je fus sur le point de partir 
Je promis mille choses aux parents
Leur disant je reviendrai…
Tout au plus dans un an ou deux 
Me voici perdu en exil
Depuis plus de dix ans… »
« À Moh À Moh »

Comme le souligne le sociologue Ali Sayad : le porte-parole des exilés kabyle et aussi la résonance sociologique de toute une génération qui subit une vie de solitude faite de misère sexuelle et affective loin des femmes, épouses ou mères, restées au pays.

« Un jour dans mon rêve j’embarquai et pris la mer 
Je me retrouvais vite chez moi 
À la joie de ceux que j’aime 
Mais je me réveillai dans la nuit 
Tandis que je dormais en exil  »
« Thamourthiou Azizen » ( Mon pays bien aimé )

La voix des causes justes 

Nationaliste de la première heure et militant au sein du Parti Populaire Algérien de Messali Hadj, il compose en 1955 le célèbre « Ffey ay ajrad tamurt iw » ( Criquets, quittez mon pays ), un chant contestataire qui compare le colon aux nuées de criquets qui envahissent les champs et sèment la désolation. La chanson est censurée par les autorités coloniales qui font la guerre en Algérie. Mais puisque la vie des êtres d’exception ne peut échapper à son lot de mélodrames, l’auteur de « Iehred w aggur, Itbaa t id y itri Ifeǧǧeǧ yetnur » (« Est apparue la lune, suivie d’une étoile, elle brille et resplendit »), en hommage au drapeau algérien, est interdit d’antenne au lendemain de l’indépendance pour avoir dénoncé la Crise l’été 1962, un épisode cinglant de luttes des clans au sein du pouvoir algérien tout juste indépendant. Slimane Azem sera censuré pendant plus de 25 années sur les ondes de la radio algérienne pour ses prises de positions et revendications identitaires et nationalistes mais ses disques circuleront sous le manteau, et son succès est fulgurant. Les années 70 sont celles de toutes les consécrations : en 1971, il est le premier artiste algérien à recevoir un disque d’or en France (avec la chanteuse Noura) et il enchaîne les succès : « Amekh akka » (s’il n’y avait pas de « Si »), « Algérie, mon beau pays », « Atas », « Issevregh » (j’ai longuement attendue), « Radio trottoir », « Loualdine » (les parents) et chante en duo avec son ami Cheikh Noureddine de cocasses chansonnettes comme « Deux émigrés », « Madame, encore un verre »  ou la fameuse « Carte de Résidence ».

Paroles originales manuscrites de « La carte de Résidence » de N.Meziane et S. Azem © Archives Sacem.

Icône de la chanson engagée amazighe (berbère) et membre actif de l’Académie berbère, Slimane Azem compose plusieurs chants à la gloire de la culture kabyle : « A wid idjebbdem leqlam »  (vous qui maniez la plume) ou encore « ɣef teqbaylit yuli was » (Le Jour se lève sur la langue kabyle), composé au lendemain des manifestations « Tafust imazighen » (le Printemps berbère) en avril 1980 pour la reconnaissance de la langue autochtone de l’Algérie, le tamazight.

« Nous voici chantants dans la joie 
Car la vérité commence à émerger 
Le jour se lève sur la Kabylie 
À son tour elle va s’épanouir 
Car la voie lui est ouverte
Et ses enfants sont résolus à la soigner
Priez Ô saint de mon pays
Pour que la vérité demeure
Et que la trace de l’injustice soit effacée… »  
« Yef tekbaylit yuli wass » (Sur la langue kabyle se lève le jour)

Mort en exil, le 28 janvier 1983 à Moissac (Tarn-et-Garonne), Slimane Azem demeure une de ces Vox Populi algériennes muselée, mais jamais étouffée. Il faut attendre 1988 pour enfin écouter Azem à la radio algérienne dans l’émission « Timlilit n tmedit » (au rendez-vous du soir), coanimée par Sid Ali Naït Kaci et Belaïd Tagrawla qui les premiers, ont pris l’initiative de braver la censure. Mais « La censure et l’interdiction d’antenne ont donné un surplus de crédibilité à l’engagement sans merci de ces artistes pour les causes justes, un surplus de vigueur à leur combat poignant contre toute forme d’arbitraire et de despotisme » rappelait le journaliste Yacine Hebbache. Son aura continue de rayonner et ses chansons sont reprises par une lignée prodigieuse d’artistes engagés des deux côtés de la Méditerranée : feu Matoub Lounes, Cheick Sidi Bemol, Zebda, Amel Zen et tant d’autres. Sa réhabilitation prend des allures de luttes pour la reconnaissance de la culture vernaculaire amazighe, quant en 2003 , une action est engagée en ce sens par le Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA). Mais le poète de l’exil, de la révolte et de l’insoumission n’a pas besoin de reconnaissance officielle, il est dans le cœur de chaque Imazighen. 


PAM remercie la Sacem, dont les archives en ligne sont consultables


Initialement publié sur Pan African Music 

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24Mar

Le Sahara algérien fut considéré depuis des siècles, comme terre d’accueil. Il a été mainte fois peuplée et tant de fois déserté. Au carrefour des civilisions, notre désert fut le théâtre de moult conquêtes, et de quêtes.

Le Sahara algérien fut considéré, depuis des siècles, comme terre d’accueil. Il a été maintes fois peuplé et tant de fois déserté. Au carrefour des civilisions, notre désert fut le théâtre de moult conquêtes, et de quêtes.

Parmi les tribus qui ont marqué l’Histoire de la région, citons la tribu arabe des Chaânba, dont l’étymologie serait issue du nom de son fondateur : Chouaïb Ibn Khouzaym, al-Sulami; et qui sera composée par la suite de deux principales branches : les Banou Achèche et les Banou Messaâba. Installation de la tribu des Chaama dans la région du Mzab Au sujet de leur arrivée au Mzab, une légende locale raconte que les deux frères Thameur Ben Toulal, Thrif et leurs sœurs de la tribu des Chaânba, originaires des Banou Soulyman, ont migré vers le Mzab pour des raisons assez troubles et mystérieuses… Ils seraient venus du Fezzan en Libye dans la période comprise entre le XIe et le XVe siècle, lors de la deuxième migration Arabe, c’est-à-dire, celle des tribus : Banou Hilal, Banou Soulaym, BanouMacqil, et s’installent de façon progressive et expansionniste de Metlili vers Meni’a, Zelfana Ouargla, El-Oued, El Saoura, jusqu’au Gourara. Au XVIIe siècle, les Chaânba se scindèrent en trois fractions ; Les Mouhabi qui s’implantèrent à El-Menea, qu’ils rebâtissant El Goléa, les Bourouba quant à eux, s’installèrent à Oued Righ dans le chef-lieu de l’actuelle Ouargla, et enfin, les Berezga qui restèrent à Metlili. 


Habitudes et mode de vie 

Les tribus des Châanba étaient connues pour leurs penchants pour le nomadisme et la transhumance. Ce sont des éleveurs et chameliers ; néanmoins, les sédentaires et semi sédentaires parmi les plus aisés, qui possédaient des palmerais qui s’étendent sur un territoire vaste et discontinue. On les retrouve dans les régions de l’Erg oriental, l’Erg occidental ainsi que dans les oasis du Sahara Central, du Tidikelt et du Touat. Le palmier dattier fut et demeure de nos jours le produit agricole le plus vénéré pour les Châanba . Les historiens attribuent aux Châanba un passé glorieux de redoutables « razzieurs, épris d’aventures, qui apprécient des aires de nomadisme ». Depuis l’implantation des Châanba dans la vallée du Mzab, de nombreux affrontements avec les mozabites furent signalés. D’ailleurs, en 1317, les antagonismes furent soldés par un traité de paix mettant ainsi fin aux querelles et joutes entre Châanba du culte malékite et les Mozabites du culte ibadite. Le pacte de paix consistait à échanger un groupe de familles entre Metlili et Mélika, un pacte approuvé par un contrat moral et conservé dans les archives mozabites. Des familles Beni Mathar et Beni Khefiane viennent occuper le quart du Ksar Delbouna à Metlili en assurant la suprématie du commandement du Ksar de Metlili. De leur côté les Chaânba envoyèrent quelques familles occuper le quart du village de Mélika. De nos jours, ils ont fait l‘actualité lors de virulents affrontements avec les Mozabites, une rixe dont l’atavisme remontrait, comme on vient de le voir, à des siècles…! 


Leila ASSAS 

Sources : 

  1. Y Régnier : Les petits fils de Touameur, 1939.
  2. Encyclopedieberbere.revues.org › Volumes › 12 | Capsa – Cheval
  3. http://encyclopedie-afn.org/Sahariens
  4. Image : Un cavalier arabe monté sur chameau avec épée arabe lame droite dans l’actuel Tunisie

Initialement publié sur  .www.Babzman.com

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24Mar

L’historiographie fut peu généreuse avec les figures féminines. Elles ont été bien souvent quand elles ne sont pas occultées, reléguées, confinées à des rôles secondaires. Les ouvrages d’Histoire se font avares de détails. Tel est le cas de Cyria, une princesse numide qui livra bataille contre les romains.

L’historiographie fut peu généreuse avec les figures féminines. Elles ont été bien souvent, quand elles ne sont pas occultées, reléguées et confinées à des rôles secondaires. Les ouvrages d’Histoire se font avares de détails. Tel est le cas de Cyria, une princesse numide qui livra bataille contre les romains.  

Cyria est la fille du souverain numide Nubel de la tribu des Jubales (mort en 370) dont l’historien Ammien Marcelin situe le fief aux environs des Bibans (sud-est de Bejaia). Romanisée, la tribu payait l’impôt à Rome et se soumettait à son autorité depuis la première moitié du IV siècle. La Princesse aurait vécu à Zamma, non loin de la Mitidja, dans le domaine de son frère ainé Firmus. Ce dernier, contemporain de Tacfarinas et Juba II, fut célèbre pour avoir mené une insurrection contre Rome, en défiant Romanus, Comte et gouverneur de l’Afrique romaine. 


L’intrépide guerrière  

Firmus est connu pour avoir rallié les troupes berbères, déserteurs des légions romaines pour la plupart, ce qui constituait un atout militaire de taille. Et c’est avec l’appui de l’église donatiste qu’il s’était emparé de Caesarea (Cherchell), Cartenae (Ténès) et Icosium(Alger). Cyria, assista son ainé et se dressa face à l’envahisseur, elle fut la résistante et l’instigatrice ainsi que meneuse des troupes. Elle est décrite comme étant intrépide guerrière, maniant le glaive et c’est en cavalière qu’elle livra bataille au général romain Flavius Théodose en l’an 371, près de la chaine de montages de l’Ancorarius, actuelle Ouarsenis où elle le contraignit à se replier vers Mazouna dans la région de Dahra (Relizane). Le journaliste et consultant en édition, Kamel Bouslama, la gratifia en ces termes, « [] une prestigieuse femme au destin exceptionnelle. Une héroïne qui avait précédé la Kahina, Fatma N’Soumer, Malika Gaïd et autres femmes figures emblématiques de la résistance algérienne. Méconnue, comme l’est notre histoire ancienne []La jeune femme était une amazone intrépide. Elle avait une belle allure, une solide constitution physique, un esprit ferme. Elle était indomptable ». L’insurrection de Cyria et son frère Firmus prit fin en 375. Ce dernier se donna la mort après sa capture par les troupes ennemies. Date à laquelle, nous perdons la trace de Cyria. Les sources historiques livrent peu de détails sur la vie et la mort de la princesse, si ce n’est que les rixes fratricides¤ de sa tribu ponctuèrent sa vie et furent utilisées par les romains pour déstabiliser son clan. Cyria, à l’instar des femmes berbères, joua un rôle précis dans la guerre, pour paraphraser Cédric Chadburn. Sur le champ de bataille, les femmes numides pansaient les plaies et dressaient les campements, mais, il est cependant des héroïnes qui de par leurs naissances ou étoffes marquèrent les esprits. Tel est le cas de Cyria. Hélas, les textes relatant leurs exploits restent minimes. 


¤ Firmus fut trahi par son autre frère Gildon, auquel s’était opposé Mascezel, le cadet.  


Leila Assas

Sources :

 -Ammien Marcellin, Histoire, XXIX, 54-55. -

-Dr Nacera Benseddik,  "Femmes en Afrique ancienne", Scripta antiqua, Ausonius, Bordeaux 2017.

-A.Nedjar, Texte adapté de diverses sources historiques dont celle de Tahar Oussedik, La Berbérie. © El DjazairCom 2007/2018 

-Kamel Bouslama, Il était une fois Cyria, l’héroïne méconnue de la résistance algérienne Elmoudjahid 2020-08-11.

-Charles Le Beau Histoire du Bas-Empire, Volume 3 

-Février Paul-Albert. Religion et domination dans l’Afrique romaine. In: Dialogues d’histoire ancienne, vol. 2, 1976. pp. 305-336doi : https://doi.org/10.3406/dha.1976.2747 https://www.persee.fr/doc/dha_0755-7256_1976_num_2_1_2747  

-Ouarda Himeur-Ensighaoui,  Ils ont défié l’empire. Firmus : un prince Kabyle qui a fait trembler Rome

 Image : ©Zekara


Initialement publié sur Babzman 

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24Mar

Dans sa dernière lettre, adressée à son épouse depuis  son lieu de détention, le (premier) 1er ministre de la République Démocratique du Congo, feu Patrice Lumumba évoque les causes et les enjeux liés à sa mise à mort. « En prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo. [ ] Vive le Congo ! Vive l’Afrique ! » Dit-il.

Dans sa dernière lettre adressée à son épouse depuis son lieu de détention, le (premier) 1er ministre de la République Démocratique du Congo,  feu Patrice Lumumba évoque les causes et les enjeux liés à sa mise à mort. « En prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo. [ ] Vive le Congo ! Vive l’Afrique ! » Dit-il. 


Indépendance des pays africains et néocolonialisme  

Patrice Lumumba était l’un des Pères de l’indépendance; et parmi les causes directes de son assassinat, on mentionnera son opposition à la cession de la province Katanga (qui faisait partie de la république du Congo), proclamée à son tour état indépendant en juillet 1960, soit quelques temps après la libération du Congo le  30 juin 1960. Lumumba y voyait une manœuvre orchestrée par les belges en vu de diviser le pays, et servir de plan pour les intérêts économiques néocolonialistes. Dans son premier discours en tant que Premier ministre, il revient sur cette problématique. Il faut savoir qu’à ce moment-là, la Belgique appuyée par l’OTAN, soutient ouvertement les séparatistes. Ainsi, Lumumba remet en question la main-mise des officiers belges sur l’armée congolaise. Car il convient de préciser qu’après l’indépendance du Congo,  la présence de fonctionnaires belges, (notamment au sein  du corps militaire), dans but de former les futurs cadres congolais, est encore conséquente. Par ailleurs, la fraternisation de Lumumba avec des leaders africains, comme Gamal Abdel Nasser et Sékou Touré  mais aussi ses liens diplomatiques avec les soviétiques, le placent dans le collimateur des État Unis d’Amérique. À son sujet, le président américain Eisenhower évoquera la nécessité d’une   « liquidation physique ». 


Capture et assasinat politique 

Ainsi, la Belgique et les Etats Unis chargeront Mobutu de capturer le « gêneur ». Ce premier, soutenu par la CIA, avait pris le pouvoir au Congo suite au coup d’état du 14 septembre 1960.  Le 10 octobre, Lumumba est assigné à résidence pour être livré par la suite à son adversaire Moise Kapenda Tshombé, à Katanga. Il prendra un malin plaisir à le torturer personnellement, avec l’aide d’officiers belges.  Cet acte, ainsi perpétré envers un homme politique, est d’une violence inouïe. Après des semaines de détention, de sévices physiques et d’humiliation, la sentence tombe  : mort par fusillade pour lui et ses deux compagnons Joseph Okito et Maurice Mpolo. Patrice Lumumba sera exécuté quelques mois après sa captivité, le 17 janvier 1961. Son corps sera restitué à Mobutu qui le dissout avec de l’acide.  Précisions que son assassinat fut commandité par  le Roi des Belges, Baudouin. Un capitaine belge est aux commandes du peloton d’exécution. Se trouvent également impliqué Gaston Eyskens, Premier ministre belge, Le comte Harold d’Aspremont Lynden, ministre des Affaires et Larry Devlin (CIA).  Cet ami de Fanon et de l’Algérie avait expédié 10 000 fusils à l’armée du FLN lors de la Guerre de Libération. En juin  1967, le président Boumediene a fait détourner l’avion de son bourreau, Moise Kapenda Tshombé, et le fit emprisonner. Il mourra deux ans après. Lumumba, ce héros national, au Congo mais également pour beaucoup d’Africains et Afro-américains, a inspiré des mouvements partout dans le monde à l’image de celui des Black Panters. En 2001, le gouvernement belge présentera ses excuses officielles au Congo.

 

Leila Assas   


Bibliographie :

  1. Jean-Paul Sartre , La pensée politique de Patrice Emery Lumumba   https://www.lepotentiel.com  
  2. Jean Omasombo Tshonda, « Lumumba, drame sans fin et deuil inachevé de la colonisation », Cahiers d’études africaines [En ligne], 173-174 | 2004 
  3. Marc André Lagrange, Thierry Vinculon, Réflexions sur 17 ans de présence de l’ONU en République Démocratique du Congo, Institut français des relations internationales (  IFRI) , 2016
  4. Image (1) : https://www.colombotelegraph.com/index.php/british-spies-organised-execution-of-patrice-lumumba/
  5. Image (2) : https://www.alterinfo.net/L-ASSASSINAT-DE-LUMUMBA-EN-1961-UN-COMPLOT-BELGO-BRITANNIQUE-INSPIRE-PAR-LES-USA_a88623.html

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09Mar

L’Histoire de la céramique se confond avec celle de l’Histoire de l’humanité civilisée. Depuis le néolithique, de nombreux vestiges nous livrent une masse d’informations et s’imposent comme un indice civilisationnel aux yeux des archéologues. Ainsi, diverses formes et techniques, ont été observées dans le monde antique; dont la poterie noire.

L’Histoire de la céramique se confond avec celle de l’Histoire de l’humanité civilisée. Depuis le néolithique, de nombreux vestiges nous livrent une masse d’informations et s’imposent comme un indice civilisationnel aux yeux des archéologues. Ainsi, diverses formes et techniques ont été observées dans le monde antique; dont la poterie noire.

Le noir est obtenu  soit par enfumage ou émaillage ou encore résultante d’une réaction chimique, comme il est le cas au pays Nippon, où la techniques est connue sous l’appellation  Raku; et dont le processus est lié à La Cérémonie du Thé, nous explique le céramiste Aziz Bacha.

 

Tamentit, l’oasis  millénaire  

La poterie noire en Algérie, entre vision esthétique ou symbolique, fascine par sa singularité. Son existence est un fait particulier dont seule l’oasis de Tamentit, au Touat, perpétue la tradition.  

L’oasis se situe à treize kilomètres d’Adrar. Elle fut signalée comme un port commercial saharien existant depuis la plus Haute Antiquité. Carrefour stratégique, lieu d’échange et de passage, la région observe des similitudes avec d’autres pays d’Afrique. À ce sujet, le docteur Bachir Bouhania établit des liens onomastiques entre le Touat et l’Egypte Ancienne dans un ouvrage éponyme qui étudie les étymologies toponymique de l’oasis. Nous citons : « Les liens qui existent entre les noms de lieu du Touat et la mythologie Egyptienne restent des plus mystérieux. Les similitudes qu’on trouve entre Duat, Touat et Tuât d’un point de vue topographique et historique sont révélateurs d’une ancienne relation entre cette région d’Afrique du Nord et l’Égypte pharaonique. Les similitudes entre Tamentit et la déesse Amentit, ainsi que le Dieu Amon sont à leur tour caractéristiques d’un lien très profond entre les anciens habitants du Touat et leurs lointains voisins, les égyptiens. » 

Tamentit fut également une terre d’accueil d’une communauté juive venue de  Cyrénaïque en Lybie. Elle s’y installa vers le  Vème siècle A.D. Ces fervents commerçants ont contribué à maintenir son statut d’incontournable halte pour les caravanes qui sillonnent l’Afrique du Nord et l’Afrique sub-saharienne. On y troc, on commerce, et on y échange des techniques et des idées; ce qui explique  certaines de ses particularités dont sa poterie noire. Les artefacts réalisés avec un moulage en plâtre  : Chandeliers, récipients, photophores et cruches sont cuits sommairement, polis et vernis avec de la mine de crayon d’où la couleur noire luisante.

De l’objet décoratif à l’usage utilitaire, la poterie algérienne traduit depuis des millénaires la vision du monde des femmes potières. Une iconographie ancrée dans une imagerie libyco-berbère. De ce fait, celle de Tamentit intrigue par sa couleur et ses formes. 


La poterie de Tamentit,  caractéristiques et influences  

L’origine et les influences ne peuvent être abordées qu’on inscrivant Tamentit dans une continuité géographique, culturelles nord-africaine et sub-saharienne. Elle est de ce fait, un  trait d’union. Les similitudes entre la céramique de Tamentit et celle de l’Afrique de l’Ouest sont éloquentes, particulièrement celle de la tribu des Bobo au Burkina Faso, et celle du peuple Luba au Congo.  La teinte noire, la cuisson sommaire et les scarifications sont très analogues.

Il est à rappeler que la céramique en Afrique de l’Ouest est antérieure à l’égyptienne de 500 ans. La Nubie antique (actuel Soudan) de la période néolithique (7000- 5500 av.J-C. ) voit émerger une prospère civilisation voisine de l’Egypte pharaonique. Elle offre également des similitudes avec celle de Tamentit. Un voyage des idées s’est donc opéré grace aux caravanes.  

Si de nos jours la poterie noire de Tamentit est singulière en Algérie, d’autres céramiques de couleur noire ont existé; comme celle nommée « le style de Gastel », une ville au nord de Tebésa, où des poteries à usage cultuel funéraire sont polychromes en rouge et noir, témoignent des brassages romano-berbère et influences puniques et grecs. 

L’africanité de la poterie algérienne  n’est jamais mise en exergue, or le swastika, le serpent, la vache ou encore les motifs scarifiés de Tamentit sont autant de survivances identitaires africaines inscrivant le nord Afrique dans sa double dynamique méditerranéenne et africaine. 


Leila Assas  

 

Bibliographie :

  1. Edisud. Tamentit : Les Liens Onomastiques entre le Touat et l’Egypte Ancienne Dr. Bachir Bouhania 
  2.  Museur Michel. Les anciennes civilisations nubiennes. In: Journal de la Société des Africanistes, 1969, tome 39, fascicule 2. 
  3. 173-198;
  4.  Nicolas Grimal, Histoire de l’Égypte ancienne. Paris, Fayard, Le Livre de Poche 416, 1988. 
  5. E.B., « Fer », Encyclopédie berbère, 18 | Escargotière – Figuig, Aix-en-Provence, Edisud, 1997, p. 2753-2763 
  6. Virot C., Terre africaine, dossier spécial, La revue de la céramique et du verre, 1994 
  7. https://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/artefact/fr-fr/


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07Mar

Settout ou settouta est un substantif argotique. Le mot fait référence à un personnage légendaire des contes kabyles, chaouis et aussi de l’Oranie, et désigne la figure de la vielle sorcière.

"Settout" ou "settouta" est un terme argotique qui tire son origine des contes populaires kabyles, chaouis et de l'Oranie, où il désigne une figure emblématique : celle de la vieille sorcière. Ce personnage légendaire est souvent décrit comme étant très âgé et aigri, possédant une connaissance profonde des mystères de la vie mais utilisant cette connaissance pour faire du mal.

Le terme "Azouzet", qui signifie littéralement "la vieille dame", est une variation régionale souvent utilisée pour désigner cette même figure de la vieille sorcière. Selon certaines sources, "es set" ou "settat", utilisés en Kabylie pour désigner une entremetteuse, pourraient avoir des origines arméniennes, comme le suggère la spécialiste des prénoms du Moyen-Orient, Jana Tamer.

Dans les récits et légendes, la "Settout" est souvent décrite comme étant rusée, malveillante et jalouse. Elle cherche à semer la discorde et le malheur dans les histoires, souvent par pur plaisir sadique.

Aujourd'hui, le terme "settout" est utilisé de manière péjorative pour désigner une femme qui incarne les traits négatifs associés à cette figure légendaire : la ruse, la méchanceté et le manque d'altruisme. C'est donc une expression chargée de connotations négatives, évoquant une personne malveillante et sournoise.

 Leila Assas  


Sources : 

Contes berbères de Kabylie par Mouloud Mammeri

 Fetta M., 1995-1998, Contes kabyles, recueillis par Leo Frobenius.  

 Viara Timtcheva  « Magie et magicien dans l’imaginaire méditerranéen et slave »

l'Abecedaire des prenons du Monde Arabe, Jana Tamer

Rahmouna Boudjellal peinture


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23Feb

Les vélos mis en location à l’entrée du marché d’Assihar nous renseignent sur l’ampleur des lieux. Ce marché emblématique de la ville de Tamanrasset est un haut lieu chargé d’Histoire et de curiosités; et les yeux venus du « tell » et d’ailleurs, n’y sont pas familiers.


Radio Niger retentit, nous ne sommes pas si loin des frontières. Des grillons grillés proposés à la vente, et à la consommation… Je n’en avais jamais goûté auparavant! Sur mon chemin, je croise également des feuilles séchées d’hibiscus pour préparer le très prisé breuvage de l’Afrique de l’ouest : le bissap. Sur les étals, on trouve aussi des ananas, noix de coco, épices, mais aussi des étoffes de la région… Assihar représente la cristallisation des brassages cultuels, qui fait de Tamanrasset le trait d’union africain.

Assihar signifie «rendez-vous» en tamasheq, explique Zahara, ma guide. Il abrite une manifestation économique éponyme, leila3qui perdure depuis le Moyen âge : le troc. Plus qu’un outil économique, ce fait social fut signalé en Afrique depuis le néolithique et a pris tous son sens avec l’apparition de l’agriculteur et la domestication du bétail. À ce moment-là, le troc devint une nécessité! Par ailleurs, le commerce transsaharien à caractère politico-économique s’intensifie et se développe à partir du Moyen Age; reliant ainsi des villes réseaux, telles que Kidal, Agadez, Beni Mzab et Sijilmassa. Le développement et l’essor des pôles religieux fut intiment lié à l’axe caravanier comme il est le cas pour Le Grand Touat ainsi que Tombouctou.

Je croque un savoureux bout de noix de coco en poursuivant ma balade, songeuse à la vie d’antan. Plus tard, j’appris que le produit le plus prisé fut  «Le sel de Gemme », surnommé l’or blanc. Il était acheminé à travers la Route du Sel depuis Bilma au Niger pour être troqué contre du mil, du blé ou encore des dattes, du cuivre, des livres et bijoux. À l’air de la mondialisation, les produits ont perdu de leur caractère «exotique». Les articles électroménagers et quelques chinoiseries sont proposés à la vente même si on peut toujours tomber sur les « vestiges » du marché d’autrefois en croisant sur les étals : de l’ambre, du thé, ou autres orfèvrerie et maroquinerie. Je poursuis ma quête à la recherches des étoffes du tisseghness et pagnes, ces beaux tissus qui drapent les femmes de sensualité, des deux rives du Sahel.

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Ce voyage dans le temps m’a donné faim; j’assouvis mon appétit en dévorant une mainama, cette belle viande fumante cuite à l’étouffé sur des braises, spécialité malienne dont raffolent tous les habitants de Tamanrasset; toute ethnie confondue. Je quitte le marché les bras chargés de tissus, bijoux, d’épices et de patte d’arachide pour préparer le maffé (cuisine sahélienne). Cette citation de l’économiste Jean Michel Servet a fait échos à mon expérience au sein de l’Assihar : « Il est possible qu’une société fonctionne parce que les individus commercent ».


Leila Assas 

 

Bibliographie  :

  1.  Le sel du désert de Odette Du Puigaudeau (Phébus/libretto-2005)  
  2.  Youssef Ragheb, « Les marchands itinérants du monde musulman », Voyages et voyageurs au Moyen Âge, Paris, Publications de la Sorbonne, 1996, p. 177-215


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09Dec

Les populations anciennes s’adonnaient à la pratique du jeu de stratégie, et cela depuis le néolithique, comme l’atteste les recherches effectuées sur les sites archéologiques d’Ain Ghazal en Jordanie ; où des vestiges d’un jeu de quadrillage en damier furent trouvés.

Les populations anciennes s’adonnaient à la pratique du jeu de stratégie et cela depuis le néolithique comme l’atteste les recherches effectuées sur les sites archéologiques d’Ain Ghazal en Jordanie; où des vestiges d’un jeu de quadrillage en damier furent trouvés. Cela semble être une des plus anciennes pratiques ludiques de l’humanité.  

 

En Afrique, les jeux traditionnels en damier présentent presque autant de similitudes que de variantes. Le jeu populaire de Karad en est un exemple parfait. Sa présence et son usage sont signalés sous différentes appellations; ce qui témoigne d’une identité commune qui lie plusieurs populations africaines. Ce jeu exempt de sophistication est, encore de nos jours, très prisé chez des populations nomades, rurales et pastorales. Il est appelé dili en haoussa, bozo en bambara, duru chez les Dakarkari au Nigeria, dru chez les KelDinnik (touareg du Niger) et karad  chez les Kel Ahaggar en Algérie, ainsi  qu’en Oranie.

Karadou krad signifie trois et ce dans plusieurs dialectes amazighs comme le zénaga mauritanien, le tamesheq et le tachelhit marocain en référence aux trois pions gagnants que chaque joueur doit aligner. 


La variante touareg 

La variante touareg se déroule sur le sable. La partie débute en traçant des quadrillages de trente trous disposés en ligne de cinq sur six. Deux adversaires choisissent des pierres de forme et de couleurs distinctes, et dispose douze pions de manière aléatoire sans former un trois à la suite. Jeu de stratégie savamment mêlé à la dextérité, le but est de pouvoir aligner trois pions et d’éliminer un pion adversaire. À tour de rôles, les joueurs lancent les pions dans l’air avant de choisir une case. Le plus rapide qui réussit à placer son pion est le gagnant de la partie. Mais pour être  le grand vainqueur, il faut disputer avec succès quatre parties à la suite.  

C’est ainsi, que des heures durant, à l’ombre d’un palmier, d’une monture ou encore des spectateurs, le jeu s’étire et contribue à tuer le temps et l’ennuie. 

L’imaginaire lié à ce jeu diffère d’une région à une autre comme il est signalé dans l’étude effectué par Edmond  Bernus, auprès des touaregs de l’Ahaggar en Algérie, et de la tribu des KelDinnik à l’Aïr, au Niger. Les cases sont appelées ehen(tente) ou encore unii (puits), ainsi, le vocabulaire nomade et pastoral est fortement usité. Dans les régions du Haut Atlas, le jeu est orienté vers des nominations en rapports avec la vie rurale comme la vache, la chèvre ….  

Les  jeux comme pratiques cognitives ou encore cultures ludiques apparaissent  comme des vecteurs d’un patrimoine culturel et signe identitaire. Le jeu Karad répond aisément à la problématique d’une unité culturelle africaine. « Des cultures ludiques qui devraient, à juste titre, faire partie intégrante du patrimoine culturel de l’humanité tout comme les chefs d’œuvres de l’art et de l’architecture. », souligne Jean-Pierre Rosie, docteur en histoire et philologie et spécialiste des cultures du jeu Saharien et Nord-Africain.


Leila Assas  

 

Bibliographie :  

  1. Edmond Burnus,  JEU Et  ÉLEVAGE, VOCABULAIRE D’ÉLEVAGEUTILISE DANS UN JEU DE QUADRILLAGEPAR LES TQUAREGS(IULLEMMEDEN KEL DINNIK) (*> (O.R.S.T.O.M., Paris 
  2. Monod Théodore. 1938. – Jeux sahariens: le dra. Soisprêt, no 88, avril 1938, p. 62. 
  3. E. Bernus, « Excréments animaux », in Gabriel Camps (dir.), 18 | Escargotière – Figuig, Aix-en-Provence, Edisud (« Volumes », no 18) , 1997 [En ligne], mis en ligne le 01 juin 2011 
  4. J e a n – P i e r r e R o s s i e,  CULTURES LUDIQUES SAHARIENNES ET NORD-AFRICAINES, Stockholm International Toy Research Center  , 2011  
  5. Illustration 1: https://dammeur.fr/jeudedames-et-collections/Cartes%20format%20WEB/Afrique%20du%20Nord/jeu%20de%20dames%20primitif%2024%20(1905).jpg

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15Nov

Elle fut Pomaria, la romaine mais aussi Taghrat et Agadir l'amazigh. Nous l'appelons de nos jours Tlemcen. Son nom actuel tire son origine du mot " tala" en tamazight qui signifie: la source ou la fontaine. La ville connut diverses mutations au contact de différents pôles médiévaux tels que de Tolede, Fès, Béjala Constantine Kairouan Baghdad.

Elle fut Pomaria, la romaine mais aussi Taghrat et Agadir l'amazigh. Nous l'appelons de nos jours Tlemcen. Son nom actuel tire son origine du mot " tala" en tamazight qui signifie:  la source ou la fontaine. La ville connut diverses mutations au contact de différents pôles médiévaux tels que de Tolede, Fès, Béjaïa, Constantine, Kairouan et Baghdad.

Ville du rayonnement culturel, du raffinement et de l'exhalation des arts tels que l'artisanat et la musique qui se manifestent à travers divers aspects socioculturels. Les correspondances et metissages avec les hispano-mauresques et la culture arabo-andalouse ont donné naissance à des genres musicaux typiquement tlemcéniens. Ainsi, " Tandis que les hommes s'adonnaient à la musique classique andalouse, héritage direct de Cordoue et de l'Andalousie, les femmes chantaient, á travers le hawfi, les beautés de la nature et l'amour de la vie», souligne feu Si Djelloul Benkalfate, l'ancien président de l'Association artistique et musicale de Gharnata et auteur de "Il était une fois Tlemcen", récit d'une vie, récit d'une ville.
genèse et hypothèses

Le hawfi est un répertoire de tradition orale chanté. Il est exclusivement féminin et de structure en tercet, en quatrain ou septain. Les corpus, appelés tahwifat, sont des courts poèmes dont les auteurs sont anonymes. Ibn Khaldoun y fit mention dans son célèbre ouvrage "Muqaddima" rédigé en 1377. Il le décrit comme étant un genre littéraire prisé à Baghdad et analogue au répertoire maghrébin « Aroud el-balad », ce dernier combine une structure reposant à la fois sur un parler dialectal maghrébin et le système métrique du philologue d'Al-Khalil; considéré comme le réformateur de la poésie classique arabe (VIII' siècle Julien-II siècle Hégire).

Le hawfi tlemcénien pourrait être, en ce sens une conséquence sociohistorique directe de l'exode des Maures suite à la chute de l'Andalousie en 1492. Cela pourrait être également, une éloquente manifestation « Voyages des idées » qu'a connu le monde musulman médiéval où l'Andalousie incarnait le foyer d'un rayonnement observé des deux rives de la Méditerranée.

Les inspirations du hawfi sont puisées dans les modalités poétiques des genres El-muwachah et du Zajál andalous. Les thèmes sont également foncièrement rattachés à l'imaginaire andalou. On y évoque l'amour courtois à l'ombre des jardins enchantés. L'amandier, la vigne, le grenadier et divers fruits murs représentant une allégorie au goût prononcé pour le luxe et la volupté.

Tahwifet constituent une fenêtre entrouverte sur la cour et l'imaginaire de la femme tlemcénienne laissant percevoir sa culture, son quotidien, ses aspirations, sa vie sentimentale et son penchant pour le luxe tel que le montre leur goût pour les perles d'Alep, les caftans les Louis d'or, souligne le chercheur C. Ougoag dans un article sur le thème des tahwifet. Il y met en exergue la valeur socio-culturelle des Tahwifet comme suit : « Ces romances chantées, au moment de loisirs en plein air, n'en demeurent pas moins l'expression de préoccupations sous-jacentes d'attitudes, de réponses à des actes ou attitudes de leur entourage, de leur société, d'aspiration, de rêves et de chimères et qui sont en quelque sorte un certain reflet de la société tlemcénienne à une époque donnée ".


La poésie, un espace d'expression

Ces poèmes peuvent accompagner l'imaginaire magico-religieux des femmes tlemcéniennes. La composante universelle de l'art divinatoire à travers le culinaire, le musical et le poétique se matérialise ici à travers le rituel " Roûh el-ghrib ". Car, selon la légende, le Hawfi trouve son essence chez Roûh el-ghrib, un poète errant qui fut puni pour avoir un jour regardé, de loin, les filles se baigner à la source d'El-Ourit.

En mémoire de ce poète mystérieux, au printemps, les femmes se rendent près de la source d'El-Ourit et réalisent souper du sort» ( A'chat al-fal ), composé principalement de couscous. Ce rituel se déroule comme suit : les femmes prélèvent sept bouts de laine de sept chéchias, un gland de sole, un bout de dum, des graines de coriandre et du benjoin, jettent le tout au feu en récitant des Tahwifet, elles prennent soin de choisir des poèmes dont les thèmes concordent avec leurs aspirations: amour, gloire et beauté. Toute femme désirant l'accomplissement d'un oracle prend une clé de la main gauche et une poignée de couscous sec préparé par une jeune fille plus tôt dans la soirée dans la main droite. La poignée de cemets est dispersée au gré des vents à travers la terrasse.
On y chante du Hawfi en jouant à l'escarpolette, ce jeu ludique, très prisé chez les jeunes femmes, souligne la dimension surnaturelle liée à la transe et à l'étourdissement. Les langues se délient et le verbe s'exalte. Ce canal de communication subtile et imagé traduit les aspirations et inspirations des femmes: Des alliances sont tissées, des rixes sont attisées et des comptes sont réglés. Voici un hawfi en ce sens  « Ma fille est sur la balançoire, vêtue de son caftan écarlate On a envoyé à son cousin pour qu'il vienne à temps et lui offrira cent pièces d'or et des perles d'Alep, offrira cent pièces d'or et la négresse qui élèvera (les enfants). »


Un art à dimension socioculturelle

L'anonymat des auteurs du Hawfi ainsi que l'absence de sa fixation par écrit rendent difficile sa datation. Ainsi, ce n'est qu'à travers une étude sémiologique endogène que nous pouvons cerner éléments du paratexte. Par exemple, les strophes suivantes: "Lamour, nul ne peut l'interdire, ni Bey, ni Sultan". Nous pouvons établir la période de sa composition, en occurrence l'époque dite ottomane.

Une exaltation de l'individualisme et de l'amour passionnel transparait dans plusieurs poèmes : « Te dirais-je, ô madame, ce qu'est l'amour entre voisins! » Cette révolte de l'ordre patriarcal préétabli laisse sous entendre une réforme de la pensée, selon le chercheur C. Ougag, car de la fille docile qui perpétue la tradition des unions consanguines à la jeune tlémcenienne passionnée et révoltée, un pan d'Histoire fut transcrit, ajoute en ce sens « La valorisation de l'amour devient de plus en plus autorisée et même suggérée et encouragée : l'individu, ses sentiments et sa volonté prenant de plus en plus de place aux dépens de la famille traditionnelle, de la collectivité à laquelle il est lié.» 

Exemples:
« Ö nuit, nuit noire, nuit traîtresse. Madame ma mère m'a interdit, la terrasse et le seuil de la porte. Le mariage au fils de l'oncle est traîtrise sur traîtrise. Le mariage au fils de l'oncle maternel est brûlure sans même un cautère. Quant au mariage avec un étranger, c'est comme du lait dans une coupe de cristal. »

Ou encore " Je marchais dans le jardin me cachant dernière l'amandier, j'ai vu un jeune homme, tenant à la main un vase bleu, il portait une chéchia tunisienne qui laissait luire son front rasé.  Pour lui j'abandonnerais l'enfant, pour lui je me ferais répudier.»

La première artiste professionnelle qui porta ce genre poétique à la scène internationale est Cheikha Tetma suivie d'artistes masculins tels que Larbi Bensari, Abdelkrim Dali et Sami El-Maghribi qui figurent parmi les illustres noms de la scène musicale andalouse qui redonnèrent au Hawfi ses lettres de noblesse.

De nos jours, à l'instar  des Medahat, du Ashwiq et l'Imzad, El-Hawfi ainsi que divers aspects de la poésie féminine de tradition orale algérienne demeurent peu étudiés et peu portés à l'universalité. Ce trésor reste l'apanage des foyers et des cérémonies.


Leila Assas


Sources:

Georges Marcals, Les Villes d'art cores T Renouard H Laurens Pain 2950
Yelles-Chacuche Mourad Leto pome tradition ofale au Moghrea OPU Yelles Mourad Sorties tortilages de h Paris 1995
C Ougoag dans son article intuleQueu de la vi féminine traditionele & Tie exemples ronalices tahi pan den
tome XXV 1977
Mohammed Habib Hachata chama d'Algene (eta éditions Alpha Design Age Alaoui Amina Peter Husque auto min initiatique La Pensee 2 76-30 

Gaston Casimir Saint Pierre peinture


Initialement publié sur la revue Babzman

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08Sep

En l’an 1048 (440 H.), les Fatimides chargent des mercenaires de la confédération arabe des Bannu Hilal d’envahir l’Ifrikiya, et le Maghreb pour châtier l’émir ziride dissident Al-Muûiz Ben Badis.

En l’an 1048 (440 H.), les Fatimides chargent des mercenaires de la confédération arabe des Bannu Hilal d’envahir l’Ifrikiya et le Maghreb pour châtier l’émir Ziride dissident Al-Muûiz Ben Badis. 

Pour glorifier ces faits, une geste lyrique est née. Ainsi, la geste Hilalienne « Al-Sirah Al- Hillaliya » est une épopée versifiée qui narre cette ruée depuis  le Hijaz et Nadj en Arabie jusqu’en Afrique, en trois cycles. Le dernier d’entre eux « Tahgirba » (Migration vers l’ouest) constitue la partie maghrébine, qui relate l’idylle de Dhiab  et Djazia. 

En effet, les chroniques arabes médiévales font référence à Dhiab Ibn Ghanem en tant qu’un des éclaireurs envoyé pour préparer l’arrivée des siens; et Djazia, citée comme  étant sa promise, qu’on fait tantôt sa cousine et tantôt Zénète des Aurès.  

 Retranscrite dès le XIX siècle par des auteurs orientalistes, elle compte beaucoup de versions; et on retrouve cette histoire dans les régions de l’Oranie, celle du Constantinois, dans les Hauts Plateaux ou encore en Tunisie. Comme toute idylle portée à la postérité, l’amour de Dhiab et Djazia est mis à rudes épreuves : ruses, rixes, querelles  et rivalités ponctuent leur relation et sentiments. Djazia soumet son amoureux à des épreuves et charades dont il triomphe à chaque fois. Dans l’une des différentes versions, elle est contrainte d’épouser  un sorcier juif ou encore un roi Zénète. Ainsi, rivaux et séducteurs sévissent et calomnient mais l’amour finit toujours par triompher. 

L’épopée qui a traversé neuf siècles souligne l’évolution des rapports entre les arabes et les autochtones amazighs. «Bien que cette histoire soit le récit de la geste des Hilaliens venus au Maghreb au XIe siècle, on est frappé par le constant parallélisme et la constante référence aux Berbères zénètes sédentaires. » souligne N.  Chelig. Ses conditions de production restent, cependant, foncièrement animées par le sentiment de glorification des Bannu Hilal, en vantant leurs prouesses et exploits de conquérants.  

Les multitudes des versions, l’anachronisme des faits relatés, étoffés et tout en emphase au fil des lustres, remettent en cause la véracité de ses faits sur un axe historique; à cause de l’imprécision des dates et de références tangibles. La geste hilalienne rend, néanmoins, compte avec fidélité de la dialectique des Bannu Hillal qui se traduit par la vaillance, l’esprit conquérant et belliqueux ainsi que le penchant pour le verbe qui s’exalte en vers et en prose.  Cette geste a alimenté l’imaginaire maghrébin et souligne l’assimilation bilatérale des différentes composantes maghrébines. « Corpus très riche parce que populaire et en perpétuel développement, » souligne Gabriel Camps, le professeur émérite, spécialiste de l’Histoire des berbères. 


Leila Assas  

 

Bibliographie : 

  1. G. Camps, « Djaziya », in Gabriel camps (dir.), 16 | Djalut– Dougga, Aix-en-Provence, Edisud  (« Volumes »; no 16), 1995 En ligne], mis en ligne le 01 juin 2011, consulté le 02 février  2017   https://encyclopedieberbere.revues.org/2175
  2. Yazid Ben Hounet, « Des tribus en Algérie ? », Cahiers de la Méditerranée [En ligne], 75 | 2007, mis enligne le 24 août 2013, consulté le 30 septembre 2016. URL : https://cdlm.revues.org/4013 
  3. Souidi -GRANDS PERSONNAGES DE L’HISTOIRE ANCIENNE DE L’ALGERIE ( des origines à 1830)- Editions du Tell, 2005   P. 
  4. Illustration 1: «ABOU-ZAID-AL-HILALI-SALAMAH-TERRASSANT-LES-ZIRIDES».-%0ALITHOGRAPHIE-COULEUR-IMPRIMEE&HELLIP-

Initialement publié sur Babzman 




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