29May

L’artiste tunisien Ghoula dévoile son nouveau clip « Bambara », issu de son prochain album Demi Écrémé. Il y remet à l’honneur le stambali, la confrérie soufie cousine du Diwan algérien et des Gnawas du Maroc.

L’artiste tunisien Ghoula dévoile son nouveau clip « Bambara », issu de son prochain album Demi Écrémé. Il y remet à l’honneur le stambali, la confrérie soufie cousine du Diwan algérien et des Gnawas du Maroc.

Le producteur, musicien et compositeur Wael Jegham, connu sous le nom de Ghoula (ogresse) rend hommage dans son nouveau clip au stambali, une musique thérapeutique tunisienne. Survivance païenne de la communauté sub-saharienne de Tunisie avec un substrat soufi, comparable au Diwan algérien et au Gnawa du Maroc, cet art, hautement codifié et réservé aux initiés, se pratique dans des lieux dédiés et hauts en couleurs tel que Dar Barnû à Tunis (litt. « la maison de Barnu », un lieu où se rassemblent les adeptes de la confrérie). Ce sont, à proprement parler, des temples de la mémoire de la diaspora noire, descendants des anciens esclaves que la traite négrière transsaharienne a déportés en Afrique du Nord.   Composé à partir d’un sample de la voix d’Abdel Majid Mihoub, maître du stambali en Tunisie, le morceau « Bambara » explore cet univers et le réinvente à travers une interprétation originale mêlant sonorités électro et instruments traditionnels. Il faut dire que cette manière de creuser l’héritage musical tunisien pour le ressusciter à travers une création nouvelle est la signature de l’artiste. Réalisé durant la période de confinement Covid-19 par Bert Juliaan Vercruysse, ce clip d’animation tente de manière imagée et hautement symbolique de dévoiler l’univers stambali. On y trouve ces composantes essentielles avec la figure du Yenna (maître) et son instrument fétiche le gumbri, les corps en transes et le rituel sacrificiel d’animaux. Le clip est aussi une invitation au voyage en Nord Afrique à travers ses symboles, son art figuratif et son artisanat qui, tous, illustrent le brassage culturel dont ils sont les fruits. Si, de nos jours, le stambali est tombé en désuétude et n’est plus pratiqué que par une petite minorité, la polémique autour de la marginalisation de la communauté noire en Tunisie demeure, elle, encore vivace. À travers le thème de la transmission orale et les brassages abordés dans ce clip, Ghoula met à l’honneur la profondeur et la richesse culturelle de son pays « Le stambali, explique-t-il, ne se réduit pas à une musique mais renvoie à une culture avec ses traditions, ses codes, ses symbole ses rituels, ses couleurs, ses tenues, ses musiques, ses instruments et ses effluves d’encens. Tout cela est couronné par une énergie débordante autour de la transe et divers rondes et chorégraphies. » Un esprit qui se manifeste aussi bien dans la musique que dans le clip  de « Bambara ».

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04Apr

La pharmacopée magique en Afrique du Nord au début du XIX, telle qu’elle fut observée par Edmond Douté, dans son ouvrage de référence pour la période «Magie & religion dans l’Afrique du nord»,est décrite comme étant peu complexe et foncièrement élémentaire.

La pharmacopée magique en Afrique du Nord, au début du XIX, telle qu’elle fut observée par Edmond Douté, dans son ouvrage de référence pour la période «Magie & religion dans l’Afrique du nord», est décrite comme étant  peu complexe et foncièrement élémentaire.

La pharmacopée magique se traduit principalement par l’usage de la phytothérapie à travers lequel le guérisseur accède au statut de mage par l’emploi de plantes aux propriétés curatives, considérées magiques, et auréolées de mysticisme. «Les contrées les plus reculées du Maghreb produisent les plantes merveilleuses […] Qui poussaient au Nil, Caire, Tunis, Tripoli et au Drà au Maghreb ». 

Ces ingrédients sont principalement des parfums à brûler: la formule la plus connue est appelée « el Tabkhiira» (l’enfumage), dont la composition comprend sept parfums : El djâoui lakhal (benjoin noir), el djâoui labiod (benjoin blanc), bkhour essoudan (résine d’élémi), el oûd el qamari (bois d’aloès) et kezber (coriandre) loubân (encens) el mi’â ( styrax ou myrrhe).

On y oppose «  el Tebkhira l’khanza » dite la puante. Elle contient du souffre, du crin, de la laine, des piquants de hérisson, des coquilles d’œufs, de la corne et poils de « négresse » (au nombre de sept).

Les enfumages sont considérés comme des corps conducteurs, « des véhicules de forces magiques ». Observées à Mogador, Fez, Tlemcen, elles servent à défaire un maléfice ou à le réaliser à l’aide d’un tableau de symboles magiques appelé " « el jadouel ». Elles sont employées lors des cérémonies d’invocations des forces surnaturelles et occultes en vu de réaliser des vœux de richesse, envie de vengeance …etc.

«Ces parfums mettent les esprits supérieurs au service de ceux qui les nourrissent de leur fumée .Celui qui saura les trouver dans ce tableau parviendra au degré du souffre rouge dans les mystères des lettres. Ces parfums ont encore une autre propriété : si vous les mélangez et si vous les broyez ensemble. […] Si vous en jetez ensuite un peu, dans le feu pendant la nuit de la première à la seconde moitié du mois, et que vous appeliez  l’aoûn el mouakkel […] un des esprits supérieurs viendra et accédera à tout ce que vous lui demandez ». Rapporte Douté. "L’aoun el mouakkel" se traduit littéralement par: agent de l’exécution. Il s'agit un Djinn de rang inférieur qui subordonne, selon la croyance maghrébine, les cérémonies magiques .

L’usage de certains animaux est également de rigueur. On y voit une éloquente allégorie des qualités de l’animal utilisé que l’on souhaite acquérir ou attribuer à quelqu’un lors du rituel magique : cœur de vautour, peau d’hyène, cœur de chacal, hibou, gerboise, peau d’un lion, le fiel d’une poule noire, l’œil du chat, la patte de l'hirondelle ou les dents d’une souris et tant d’autres. La langue d’un âne sert par exemple à fermer la bouche d’un mari jaloux et suspicieux.

La magie dans l’Afrique du nord se caractérise par sa simplicité, elle n’est pas juste l'apanage des cérémonies ésotériques mais tend vers des habitudes quotidiennes. Ainsi, le simple geste peut être empreint d’une aura magique  comme le fait de nouer. A l’instar des Assyriens, cette action ponctue un événement important tel une naissance, une union ou un pacte.

Leila Assas 


  • Synthèse de «  Magie et religion dans l’Afrique du Nord – Chapitre II : Les rites magiques / Pharmacopée magique de l’Afrique du nord –  Edmond Douté , professeur à l’école supérieure des lettre d’Alger , 1909
  • Illustration : « Petit taleb« , huile sur toile de  Théodore Chassériau, XIXe


Initialement publié sur Babzman 

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24Mar

Le sobriquet est une des facettes de l’humour qui fait partie intégrante des universaux du langage. On le retrouve dans toutes les sociétés. En un sens, il obéit à des codes et logiques internes puisqu’il renvoie à une lecture autotélique, à la fois psychologique, sociolinguistique et culturelle.

Le sobriquet est une des facettes de l’humour qui fait partie intégrante des universaux du langage. On le retrouve dans toutes les sociétés. En un sens, il obéit à des codes et logiques internes puisqu’il renvoie à une lecture autotélique, à la fois psychologique, sociolinguistique et culturelle.

Le sobriquet algérien ne déroge pas à cette règle, il est une jonction du risible au génie populaire, affirmé par le substrat identitaire.


Du génie populaire et substrat identitaire 

Les sobriquets algériens foisonnent. Subtiles, imagés ou encore anthroponymiques, ils nous renseignent sur l’interaction entre les individus, leurs représentations et leurs bagages culturels. Ils soulignent en ce sens l’évolution des mœurs dans un espace donné : celui d’une région, d’une ethnie, d’une tranche d’âge ou encore d’une classe sociale. « Il ressort également qu’au moment de sa création, le sobriquet algérien est sémantiquement motivé. Les plus fréquents sont la manipulation du langage dans un sens figuré, par une relation métonymique, une intention humoristique ou une relation métaphorique (par comparaison analogique) », explique la professeure Ouerdia Yermeche, spécialiste en sciences du langage.

Le sobriquet comme indice anthroponymique est d’usage depuis plusieurs siècles en Algérie. Ainsi, durant la période médiévale, il fait office de patronyme à la manière d’une affiliation par rapport à une origine, comme c’est le cas pour Abû al-Hasan al-M’sili, Mrwan al-Bûni ou encore Abû al-Qasim al-Biskri. Ces érudits et hommes de savoir se faisaient appeler ainsi dans leurs nouveaux foyers d’accueil. L’usage du surnom évoque en ce sens un contexte de mobilité. Phénomène encore en vigueur de nos jours, où l’on devient aux yeux de l’hôte « el djelfaoui », « el wahrani », etc.

Par ailleurs, qu’il soit de caractère héréditaire, connotatif ou stéréotypé, il est parfois basé sur une intention péjorative. Il peut également souligner une condition sociale, comme c’est le cas pour « Hartani », autrefois esclave dans les espaces oasiens et sahariens, devenu de nos jours fils d’affranchi. Affublé de ce sobriquet, il est systématiquement renvoyé à une forme de servitude maintenue psychologiquement. Autre exemple, « Baggar », qu’on peut traduire par éleveur de bovins, désigne aujourd’hui le nouveau riche. Un protagoniste risible, dépourvu de codes sociaux citadins. Il est constamment ramené à sa condition, ce qui traduit un dédain des citadins envers l’exode rural, un phénomène prépondérant durant la décennie noire. Un indice non négligeable dans l’étude des sociétés, l’humour, et par ricochet le sobriquet, qui selon Karima Aït Dahmane est un « objet hautement culturel », remplit la fonction de précision et de dénomination.


Le sobriquet, un raccourci sémantique

Le sobriquet apparaît souvent comme élément de dénomination et de mise en exergue de caractéristiques physiques peu répandues dans un groupe social donné. Une sorte de raccourci sémantique pour les minorités visibles. Ironique ou valorisant, il nous renseigne sur la personne qui le porte. « El Rougi » (le rouquin), « Boulahya » (barbu), « Fartass » (chauve) sont à aborder sous un angle de marqueur social et de notoriété. Celui ou celle qui le porte le tolère à différents degrés.

Lorsqu’il verse dans une connotation péjorative ou raciste, seul le contrat social entre individus énonce le ton et l’intention donnés à un surnom. À titre d’exemple, les surnoms de précision raciale, liés à la couleur de peau ou encore au culte comme « Nigrou » (noir) et « Yhoudi » (juif), dépassent la simple attribution par nature raciale, et peuvent être donnés à des individus qui ne sont pas forcément noirs ou juifs. Plus précisément, qui n’a pas entendu dans son entourage une personne que l’on appelle « la juive » (yhoudiya), en référence à son caractère trop économe ?

« Le sobriquet algérien est le reflet de phénomènes socioculturels et historiques (ponctuels ou plus durables) du terroir », explique Ouerdia Yermeche, auteure d’une thèse sur le sobriquet algérien comme pratique langagière et sociale.

Les sobriquets sont révélateurs des aspirations d’une époque et de l’échelle des valeurs. Autrefois, les noms de métiers s’annexaient systématiquement aux patronymes. Un Amine el Oustad (professeur) et Si Mustapha el Hakim (médecin) étaient autant de signes de respect que de marqueurs sociaux. De nos jours, le métier cède la place à une nouvelle forme de représentation basée sur l’argent : Moh Visa, Reda Audi. Nous sommes ce que nous possédons, et le sobriquet est là pour nous le rappeler.

En perpétuelle évolution, il permet également de pérenniser une tradition orale ancestrale, car nous avons tous dans notre entourage un Djeha trivial, une belle Lounja, une méchante Ghoula ou une vile Settouta. Ces personnages légendaires véhiculent une représentation physique ou psychologique de celui ou celle qui porte le sobriquet. Il dresse de manière subtile et imagée un comparatif entre le personnage et l’avatar et nous renseigne sur la sociologie de la société algérienne.

Leila Assas

 

Bibliographie : 

  1. Ouerdia Yermeche, « Le sobriquet algérien : une pratique langagière et sociale  », Insaniyat / إنسانيات, 17-18 | 2002, 97-110. 
  2. BENSERIDA Hafida, L’image de l’Algérien et de l’algérianité dans la caricature de la presse francophone algérienne. Le cas du journal : « Liberté » et « El Watan,  Mémoire de Master 2 « Langue, discours et culture en Méditerranée » Spécialité sciences du langage, 2015  
  3. Walid Bouchakour,. Qu’est-ce qui fait rire les Algériens ? Histoire d’humour.  Focus Le 26.11.16 
  4. Mes remerciements  vont à Salim Zerouki pour l’illustration.  


Initialement publié sur www.babzman.com

 

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09Mar

Le groupe oranais, emblématique de la scène reggae algérienne, sort enfin son premier album après dix années d’engagement sur les scènes algériennes. À découvrir.

Le groupe oranais, emblématique de la scène reggae algérienne, sort enfin son premier album après dix années d’engagement sur les scènes algériennes. À découvrir.

Savamment muri, Mazel (Rufftone Records label), le premier album du groupe Democratoz, cristallise presque dix ans de carrière des reggaemen les plus adulés d’Algérie. Né á Oran en 2011, à l’initiative de Sadek Bouzinou (lead vocal), un artiste nourri de multiples influences (de Fela Kuti à Ali Farka Touré en passant par Othman Bali, Cheb Hasni, Bob Marley et Idir pour ne citer qu’eux), Democratoz rassemble de talentueux artistes venant de différentes villes d’Algérie, fédérés autour d’une musique engagée et métissée. La philosophie du groupe est condensée dans le toz de Democratoz (une onomatopée en darja*) qui souligne avec ironie la négation de la démocratie. Toz pour les mensonges, toz pour le racisme, toz pour la hogra (abus de pouvoir), toz pour la harga (exode des jeunes), toz pour tous les maux qui rangent l’Algérie et ses jeunes. « Ana Jazairi » (Je suis Algérien), la chanson qui a lancé leur carrière devint d’ailleurs très vite l’hymne de toute une génération séduite par le discours et le franc parler du groupe qui galvanise les foules et enflamme la scène algérienne depuis sa genèse. « Nous élevons nos voix pour raconter notre Algérie : La décennie noire*, l’égoïsme de nos dirigeants, l’injustice, la pauvreté, l’inégalité des chances, le favoritisme, l’exode, l’incivisme mais « Mazel » (Il y a encore de l’espoir) souligne Sadek Bouzinou. Mazel, c’est le titre d’une de leurs chansons qui a donné son nom à l’album.


Nombreux ont volé 
Nombreux ont tué sans crainte de Dieu
Nombreux ont calomnié pour que la guerre sévisse dans mon pays
Ceux-là, sont épris des desseins d’un Occident colonisateur
(…) mais il y’a encore (mazal) des hommes dans mon pays.Extrait de « Mazel »



Mazel, histoire d’un disque

La rencontre, en 2012, avec le producteur Yacine Bouaziz (Thala Films), pose les premiers jalons de l’album Mazel, s’ensuit la collaboration avec l’excellentissime musicien, producteur et arrangeur mauricien Jean Alain Roussel, connu pour ses fructueuses collaborations avec Cat Stevens, Police, Bob Marley & The Wailers, Joe Cocker et tant d’autres. Soutenu par l’ AFAC, the “Arab Fund for Arts and Culture”, l’album pérégrine entre plusieurs studios : Duga-Duga (Oran, Algérie), Mohya (Tizi Ouzou, Algérie), Rufftone Records, (New York, USA). La sortie de l’album dans la conjoncture socio-politique actuelle que connaît le pays est un cadeau qui renforce et réitère les positions du groupe. La sortie du disque, un vendredi, « jour saint du Hirak » (du soulèvement, ndlr), n’est pas une coïncidence mais bien un signe ostentatoire de résistance et la pochette de l’album traduit cette volonté de rendre hommage à la « Révolution du sourire ». Elle est composée d’un collage qui associe une photo prise par Achraf Tello le 22 février 2019, jour du début du Hirak, et le slogan « Un seul héros, le peuple » qui figurait sur le mur d’une photo devenue une icône de la pop culture algérienne prise par le photographe Marc Riboud entre 1960 et 1962. C’est aussi de cette photo qu’est inspiré le dessin d’une femme en haïk (tenue traditionnelle algérienne) devenue le symbole des femmes résistantes pour certaines poseuses de bombes durant la Guerre de Libération (1954 -1962). L’engagement du groupe, qui sait porter la plume dans les plaies de la société, ne date pas d’hier et réagit aux spasmes de l’actualité. En 2017, Democratoz avait sorti un titre et un clip aussi fort que clair pour répondre à la xénophobie dont les migrants d’Afrique subsaharienne étaient les victimes. Comme si l’Algérie ne faisait pas partie de l’Afrique !

On retrouve dans Mazel la même quête de justice. On y retrouve Fares Belchehb (cuivres), Mehdi Benzarga (claviers), Abderrahmane Boubaya (guitare), Sadek Bouzinou, (lead vocal) Amine Malek (basse), Abdelhalim Mokedem (batterie), Nassim Slimani (guitare) et une pléiade de musiciens invités**. Composé de neuf titres dont six, tels que « Pollution », « Mazel », ou encore « Krahna melboulitik » (Nous sommes las de la politique), ont déjà été chauffés sur scène et révélés sur Youtube. L’album dévoile trois nouvelles compositions inédites toujours dans leur style original qu’on ne saurait réduire à du reggae-raï. Car on y retrouve de la soul, du jazz, du diwan, de l’afrobeat et une multitude de sonorités qui font danser la jeunesse algérienne et transcendent les frontières de ce grand pays bien souvent hermétique. Avec Mazel, Democratoz revalorise et, forcément… démocratise la figure du Rastaman souvent stigmatisée en Algérie.



*décennie noire : la période de guerre civile qui opposa l’armée algérienne aux mouvements islamistes, et qui causèrent la mort d’innombrables civils. ** Faycal Aliouane, Hocine Benameur, El Hadi El Hassar, Dounia Kar Soussi, Raja Kateb, Younes Kati, Bensafir Lekhal, Mehdi Medaghri, Amine Naas, Yacine Tandjaoui. 


Initialement publié sur Pan African Music https://pan-african-music.com/democratoz-mazel/

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15Feb

Traversée par la piste transsaharienne n° 2, reliant ainsi le nord du Mali au sud de l’Algérie ; le Tanezrouft, le plus aride des déserts sahariens, se dresse tel un mur entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. Limitrophe de l’Ahagar (sud-ouest de l’Algérie), de Walatah, Chinguetti et Ouadâne (sud-est de la Mauritanie) et l’Adrar des Ifoghas (nord du Mali),il demeure très peu parcouru en raison de son extrême aridité et l’absence de végétation et reliefs.

Traversée par la piste transsaharienne n°2, reliant ainsi le nord du Mali au sud de l’Algérie; le Tanezrouft, le plus aride des déserts sahariens, se dresse tel un mur entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. Limitrophe de l’Ahagar (sud-ouest de l’Algérie), de Walatah, Chinguetti et Ouadâne (sud-est de la Mauritanie) et l’Adrar des Ifoghas (nord du Mali), il reste très peu parcouru en raison de son extrême aridité et l’absence de végétation et reliefs. Il demeure, néanmoins, un passage incontournable pour les caravanes de l’axe Ahagar-Adrar d’Ifoghas, qui arpentent les pistes et balises mises en place par l’armée française et qui constituent des points de repères baptisés : Poste Weygnad, Bidon V, Bordj Le Prieur (actuel Bordj Badji Mokhtar) et Tessalit. 


Cette vaste terre nue n’a pas toujours été dépeuplée, les vestiges archéologiques préhistoriques attestent d’une vie prospère, à l’image de la savane de l’Afrique orientale de climat tropical, celle-ci aurait-elle été repoussée ? 


Le peuplement de l’Afrique du Nord…nos aïeux et leurs legs 

Nous ne pouvons étudier les vestiges archéologiques préhistoriques de l’Afrique du Nord, de la partie occidentale méridionale (Algérie, Mali, Mauritanie) sans formuler des hypothèses de sens sur les populations qui nous ont laissé ces legs. Elles demeurent un mystère car les données sur les éléments ostéologiques manquent de précisions en raison de la vaste période de transition du champ d’étude abordé. Henri Lhote, correspondant et membre du chantier intellectuel du Musée de l’Homme (Section d’éthnographie), dont le domaine de recherche fut les sites rupestres préhistoriques du Fezzan, du Tassili, le Hoggar et l’Adrar mauritanien, note: « Les incertitudes d’attribution qui règnent encore doivent conseiller la prudence, tant que d’autres foyers, incontestablement en relation avec ces groupes de peintures ne viendront les confirmer. » Il fait référence en évoquant les gravures rupestres du Tassili à de « petits personnages schématiques à la tête ronde» pour qualifier les premiers peuplements du Sahara du type soudanais qui seraient apparus au début du paléolithique inférieur, dit l’acheuléen. Les gravures rupestres, dont il est question, se superposent, formant un palimpseste d’informations qui nous renseignent sur la vaste période préhistorique de la région que Lhote répertorie comme suit : la fin du Paléolithique, c’est-à-dire six ou sept mille ans avant notre ère. Le Néolithique, quatre mille ans av. J.-C. 

L’archéologue Annabelle Gallin distingue le groupe humain des Sapiens mechtoides du type ibéro-maurisien à la fin de la cette période : « Le Néolithique final, durant les IIIe et IIe millénaires avant notre ère, est une période charnière pour le peuplement du Sahara et du Sahel en Afrique de l’Ouest. C’est, en effet, à cette époque que se produisent l’investissement de la zone sahélienne par les populations néolithiques, la mise en place des conditions climatiques actuelles et l’apparition de nouvelles pratiques économiques, précise-t-elle. Vers 1200 av. J.-C. s’ensuit l’ère de l’Histoire marquée par l’arrivée des chars Garamantes et des nomades touaregs. À la lumières de ces données, il est plausible que le Tanezrouft, avant sa désertification, fut sans doute peuplé par les mêmes populations des régions limitrophes. 


Un musée recelé  

Les vestiges préhistoriques du Tanezrouft demeurent méconnus et peu explorés jusqu’au début du XXe siècle. Quelques sites ont été signalés dès 1914 et ce de manière fortuite par des chasseurs de trésors et aventuriers occidentaux ainsi que des militaires de La Compagnie saharienne de l’armée française. C’est incontestablement grâce aux travaux de recherches de l’explorateur et naturaliste Théodore Monod, célèbre pour sa traversée, en 1936, du Tanezrouft à pied, que le voile est levé sur cette partie de l’Afrique, notamment avec la création, en 1941,de la Section archéologie-histoire de I’IFAN, sous la direction d’Henri Bessac et Raymond Mauny. En somme, plus de 23 stations de la période paléolithique et néolithique ont été répertoriées en Algérie et au Mali entre 1958 et 1961. Citons parmi elles : la station d’InIllel à 80 km à l’est de Bordj Bordj Badji Mokhtar sur la route caravanière Kidal-Aoulef; la station de l’Oued Chet Iler, celle de Timéaouine et de Tcherchoucheri. Les vestiges trouvés attestent d’une organisation sociale hautement évoluée ; en démontre un inventaire non exhaustif, précisent les chercheurs, en raison de la forte action éolienne qui rend difficiles les fouilles. Les sites sont principalement des stations d’habitats, où l’on trouve des grattoirs en silex ainsi que la céramique, du matériel de broyage : des pilons, des haches polies ainsi que des burins. On note la présence de trois nécropoles qui ont été signalées : la Nécropole de la frontière, la Nécropole de Bordj Le Prieur et la Nécropole du Reg Zaki. Les squelettes exhumés ont été retrouvés, mis en position décubitus latéral droit contracté, c’est-à-dire allongés à l’horizontale, sur le côté droit, légèrement courbés. La présence de cendre atteste d’un éventuel feu rituel réservé à une caste de haut rang car il s’agit de dit « restes nobles » car, en effet, les squelettes sont ornés de haches polies et de la céramique neuve. Cela rappelle des rituels funéraires chez les pharaons d’Egypte. Le Sahara n’a pas encore livré tous ses mystères. Il ne fut pas toujours ainsi : une immense terre de désolation et de vide. Il a observé depuis les temps préhistoriques plusieurs phases climatiques, ponctuées de périodes de désertification et d’humidification qui ont façonné ses contours, ont fait émerger de nombreuses civilisations au gré du «stress hydrique» qui fut à l’origine des mouvements migratoires. Il fut vert et verdoyant, doté d’une végétation abondante et une terre accueillante pour les hippopotames, les crocodiles et les antilopes. L’utopie du retour de la savane dans les zones sahariennes est une hypothèse soutenue par le climatologue Stefan Kröpelin, expert des zones sahélo-sahariennes, qui observa des changements climatiques au Darfour, le nord du Mali et du Niger et au sud de l’Algérie. Quoi de plus étonnant que de voir la neige à des régions semi-désertiques telles que Béchar, Nâama, Aïn Safra et El-Bayad, conséquence directe d’un dérèglement climatique qui risque de reverdir le désert. L’homme aussi tient un rôle à jouer dans cette partition. Yacouba Swadogo est le paysan burkinabé surnommé «l’Homme qui a arrêté le désert», devenu l’ambassadeur de l’association d’agrologie Terre et Humanisme pour avoir réussi le pari fou de repousser la désertification de son village, en replantant des arbres, dans l’un des plus arides déserts du Sahel. 

Leila Assas


Sources

  1. Annabelle Gallin, Le Peuplement sahélien en Afrique de l’Ouest à la fin du Néolithique. Les nouvelles de l’archéologie [En ligne], 120-121 | 2010, mis en ligne le 30 septembre 2013, consulté le 20 février 2017. URL : http://nda.revues.org/994 ; DOI : 10.4000/nda.994
  2. Edmond Bernus, Les Causes de la désertification:
  3. Les Thèses en présence, Bulletin de la Société languedocienne de géographie, tome 18. Fascicule 3-4, Montpellier. 1984.
  • François Michel, Le Dico des mots de la géologie– Sur un projet de la commission Patrimoine géologique de Réserves Naturelles de France, 2016.
  • H. Lhote, Histoire primitive de l’Humanité. Evolution du monde noir. Bull. IFAN, t. XXIV, série B, n° 3-4, 1962, p. 484. 2. Métallurgie traditionnelle et âge du fer en Afrique. Bull. IFAN, t.XXX, série B, n° i, 1968, p. 28, note 4. 
  • H. Lhote-J. de la Soc. des Africanistes XL, 2, 1970, pp. 91-102.Le Peuplement du Sahara néolithique, d’après l’interprétation des gravures et des peintures rupestres.
  • Jean Maley and Robert Vernet, Peuples et Evolution climatique en Afrique nord-tropicale, de la fin du Néolithique à l’aube de l’époque moderne, Afriques [Online], 04 | 2013, Online since 23 May 2013, connection on 28 February 2017. URL : http://afriques.revues.org/1209 ; DOI : 10.4000/afriques.1209.

8.     O. Dutour,L’Homme de Taforalt au Sahara, ou le problème de l’extension saharienne des Cromagnoïdes du Maghreb–Bulletins et Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris, année 1988,volume 5,n° 4.

  • Raulin H., Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale francophone, 1984. Techniques agraires et instruments aratoires au sud du Sahara. ORSTOM.
  • T. Dzierzykray-Rogalski- A propos de la momification naturelle des dépouilles humaines en Egypte, Paléobios 1900, vol. 6, n° 23, Lyon, France, ISSN 0294 121 X.

11.  Yacouba Sawadogo, L’Homme qui a arrêté le désert, Les gens pensaient que j’étais fou.© Copyright 2015 – Panafricain TV, Alchimist Corp.

  1. news.nationalgeographic.com/news/2009/07/090731-green-sahara.html

  2. http://www.lefigaro.fr/sciences/2008/05/13/01008-20080513ARTFIG00576-comment-le-sahara-est-devenu-un-desert.php

14.   www.jeuneafrique.com/396968/societe/algerie-a-neige-sahara/ Image : Tanezrouft desert


Initialement publié sur la revue Babzman Nº 4

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27Nov

Transcendant le cadre institutionnel, la musique en Algérie, et de manière éloquente, est vivante, rurale et urbaine mais surtout omniprésente lors des rassemblements et manifestations populaires. Cependant, depuis des années, le gouvernement algérien initie des actions en vue de préserver ce patrimoine immatériel.

Transcendant le cadre institutionnel, la musique en Algérie, et de manière éloquente, est vivante, rurale et urbaine mais surtout omniprésente lors des rassemblements et manifestations populaires. Cependant, depuis des années, le gouvernement algérien initie des actions en vue de préserver ce patrimoine immatériel.


Alger

Festival Culturel International de la Musique Andalouse et des Musiques Anciennes

Initié en 2005, le festival se déroule chaque année durant la dernière quinzaine du mois de décembre et dure une semaine durant laquelle d’illustres orchestres de musique andalouse de divers pays sont à l’honneur (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye…) aussi, des orchestres et artistes de musiques anciennes traditionnelles sont conviés comme l’Azerbaïdjan, la Turquie, l’Irak, le Japon et d’autres pays. En marge des spectacles, ont lieu des conférences thématiques autour de la musique andalouse, sa poésie, ses instruments et ses airs de diffusion. 


Festival Culturel International de Musique Diwane 

Créé en 2008, ce festival annuel passe biennal en 2017 et rassemble durant le mois de juillet les adeptes du genre, venus des quatre coins de l’Algérie et honore les lauréats du festival local analogue de la ville de Béchar (sud- est). Le diwan étant par essence une musique traditionnelle aux rites ésotériques, le festival offre, un cadre institutionnel pour les artistes désireux de se professionnaliser en leur offrant visibilité et réseautage. Parmi les têtes d’affiches du festival :  Keziah Jones, Aziz Sahmaoui & Univesity of Gnawa, Vieux Farka Touré, Omar Sosa, Noura mint Seymali et tant d’autres.


Le Triangle

Depuis sa réouverture en 2009, le lieu s’est imposé comme adresse incontournable pour les sorties nocturnes algéroises. Comme son nom l’indique, cette discothèque est un triptyque où chaque espace offre un style différent. Au programme musique raï, jazz et techno.Beaucoup de têtes d’affiches du raï se produisent au Triangle comme feu Houari Manar, Chaba Dalila, Kader Japonais, Warda Charlomanti


Le Caïd Restaurant

Le Caïd Restaurant, en plus d’être une table gourmande, est un lieu très convivial et apprécié pour sa scène live et son orchestre aux tendances éclectiques. Le restaurant propose tous les jeudi et vendredi de la variété française, du chaabi algérois, du rock, du jazz. Le restaurant est situé á 79 Boulevard Mohamed 5, Alger Centre.


Oran

Festival de la chanson Oranaise

Organisé depuis 2008 au Théâtre de Verdure Hasni Chekoun puis déplacé au Théâtre Régional d’Oran, le festival se déroule en été, période durant laquelle Oran accueille beaucoup d’estivants. Artistes de renom et jeunes talents rendent hommages aux barbes de la chanson oranaise. Le Prix du feu Blaoui el Houari est décerné par l’Office National des Droits d’Auteur et des droits voisins, afin d’encourager la nouvelle scène de la chanson oranaise.

Le Mélomane Restaurant

S’il y a un lieu qui rend compte de la richesse musicale oranaise, pétrie au fil des années de brassages culturels, c’est bien le Mélomane, une table méditerranéenne connue pour son orchestre, ses crooners et ses jam sessions. Du Malhoun, du raï ou encore de la variété française font du Mélomane un lieu culte, transgénérationnel et très convivial. Le Mélomane se situe au Centre-ville d’Oran, à la rue Mirauchaux.

Le Baalbec restaurant lounge

Le Baalbec restaurant est un des lieux incontournables de la jeunesse oranaise branchée. Il propose, tous les jeudi et vendredi à partir de 23h, des concerts live et DJ set. La propriétaire Fouzia, une mélomane dans l’âme, a su concevoir au fil du temps, un lieu hétérogène qui rassemble depuis des années les amateurs de la Soul, du R’N’B, du Jazz, de la Old school, du Latino & Afro House. Le Baalbec est situé à Canastel villa n°7 Hei El Menzah.


Les cabarets de la Corniche

La ville d’Oran tient sa réputation de « Bahia » (radieuse) et de sulfureuse de ses cabarets situés tout au long de sa corniche. Fiefs de l’industrie de la musique raï, les cabarets attirent les adeptes du genre et beaucoup de touristes et de curieux. Les ambiances et les standings varient selon les lieux, il y en a pour tous les goûts et les bourses. Les cabarets les plus huppés sont le Merdjajou, Mezghena, la Vielle Marmite, le Palace, Manara et si vous cherchez de l’authentique qui propose du old raï et du bédoui traditionnel, il existe des lieux authentiques et undergrounds comme Saïd Gourmet et la Roue.


Batna

Festival international de musique de Timgad

Le Festival international de musique de Timgad est l’un des plus anciens festivals en Algérie datant de 1967 et qui avait pour lieu, le prestigieux amphithéâtre antique berbéro-romain du site protégé le Timgad. En 2010, le festival pérégrine pour s’installer au nouveau théâtre de Timgad, une réplique de l’arène archéologique. Le Festival accueille des stars algériennes et internationales dont Jimmy Cliff, Mory Kanté, Kadhem Saher, Amadou & Mariam et Atri N’assouf.


Théâtre régional de Batna

Le théâtre régional de la ville de Batna, situé à l’Avenue de la République, au centre-ville, est un antique édifice colonial datant de 1899. Fermé pendant des années pour des travaux de réhabilitation, il réouvre ses portes en 2009 et accueille des artistes et formations locales, nationales et internationales. Le théâtre abrite les Journées de la musique classique et d'autres évènements.


Odéon & Babylone

Odéon & Babylone est un café-théâtre qui propose une scène libre pour les jam sessions Jazz & Blues principalement. Depuis sa création, le lieu offre une tribune aux musiciens amateurs et organise des concerts d’artistes comme les Iwal, un groupe musical originaire de la ville, Amine Tefaha, groupe Baraim, Nessma. Le café-théâtre est situé au centre de ville de Batna, aux Allés Benboulaid


Constantine

Dima Jazz

Dima Jazz est le plus grand rendez-vous jazzy de l’Algérie. Créé en 2003 par l’association musicale Limma de Constantine, il est placé par la suite sous le haut patronage du ministère de la culture et gagne en notoriété. Le festival a accueilli de nombreuses têtes d’affiches tel que Tony Allen, Aka Moon, Nguyen Lê, Maceo Parker ou encore Kesiah Jones e offre une scène « off » pour la nouvelle scène jazz nationale. Le festival se déroule au Théâtre Régional de Constantine (TRC).


Festival Culturel International d’el Inchad

El Inchad est une expression musicale liée initialement à la mystique musulmane soufie mais aussi aux chants patriotiques. Ce genre musical a son festival culturel international en Algérie depuis 2011. Le théâtre régional Mohamed Taher Fergani de Constantine a accueilli lors de la dernière édition en 2019 (avant le covid-19), des troupes venues de la Syrie, Sénégal, Tunisie et Maroc.


Festival Culturel International de Musique Malouf

Le festival Culturel International de Musique Malouf existe depuis 2007. Ce sous-genre musical est dérivé de la musique andalouse et emblématique de l’est algérien dont les foyers sont la ville de Constantine, Annaba mais aussi présent en Tunisie et la Lybie. Fidèles à la tradition andalouse, nombreux artistes et orchestres des pays détenteurs du genre sont conviés à la scène du festival tel que Salim Fergani, Mohamed Adlene Fergani, Cherif Benrachi, Faouzi Abdennour, Dib Layachi et les Tunisiens Hamdi Chelghmi et Fathi Bousenina.


Tizi ouzou

Raconte-arts

Raconte-art est un festival itinérant, pluridisciplinaire et participatif qui sillonne les villages de la Kabylie depuis presque vingt ans. Initié en 2004 par Hacene Metref, Denis Martinez et Salah Silem, le festival draine un public de plus en plus nombreux et éclectique. Co-organisé en collaboration avec le comité du village hôte, le festival incarne les valeurs vernaculaires amazigh basées sur consensus et la démocratie, le citoyen est de ce fait acteur et non juste spectateur. Le festival accueille expositions, ateliers, cercles de réflexion et une scène musicale où de nombreux artistes se sont produits comme Amel Zen, Akli D., Samira Brahmia, Iwal, Ali Amran, Oulahlou et Cheikh Sidi Bémol. Pour cause du Covid-19, la dernière édition s’est déroulée en virtuel.


Mystic Jazz

Le Mystic Jazz est un restaurant gastronomique charmant et cosy qui possède une scène libre et organise tous les jeudis des soirées karaoké. Le restaurant propose principalement de la musique Jazz, de la pop et rock anglo-saxon ainsi que la variété française. Il est situé à la Coopérative Printemps, au centre-ville Tizi Ouzou.


Timimoun

Festival d’Ahalil 

Depuis son classement patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, Ahalil, registre musical ethnoculturel emblématique des populations berbères zénètes du Gourara, jouit de mesures de préservation initiées par le ministère de la Culture algérien qui institutionnalise sa première édition en 2008. Le festival a eu lieu en mois de décembre et se déplace pour la dernière semaine du mois de mars en 2021. En marge du festival, le Ahalil est pratiqué dans la région du Gourara, dont la capitale est Timimoun, tout au long de l’année lors des fêtes de mariages et célébrations cultuels.


Ziara de Ma Mliha 

La Ziara* de Ma Mliha est une des manifestations culturelles ésotériques et communautaires la plus importante de la confrérie du Diwan* de Sidna Bilal de Timimoun. Propre à la population subsaharienne issue des descendants d'anciens esclaves de la région, elle a lieu chaque année au mois de Chaabane du calendrier lunaire musulman. Les festivités durent trois jours et se déroulent au cœur de vieux ksar au Souk de Sidna Moussa, autrefois, un marché d’esclaves.


Autres évènements

Il existe d’autres évènements musicaux à citer comme le festival de la musique et chanson amazigh de Tamanrasset, la Sbeiba, fête traditionnelle des populations touaregs de Kel n’Ajjer de Djanet, le festival de la chanson kabyle de Bejaia, festival du raï de Sidi Bel Abbes, le festival culturel local de la musique et de la chanson du M'Zab à Ghardaïa.


Initialement publié sur Music In Africa

 https://www.musicinafrica.net/fr/magazine/la-scene-de-la-musique-live-en-algerie


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22Jun

Les disparités entre les civilisations anciennes d’Afrique du nord sont nombreuses; cependant, certaines manifestations sociales demeurent analogues, comme c’est le cas pour les rituels matrimoniaux, tels que, la notion du consentement des époux et des parents, le contrat tacite ou écrit prénuptial, la présence des témoins, la dot et le douaire ou encore le cortège.

Les disparités entre les civilisations anciennes d’Afrique du nord sont nombreuses; cependant, certaines manifestations sociales demeurent analogues comme c’est le cas pour les rituels matrimoniaux, tels que la notion du consentement des époux et des parents, le contrat tacite ou écrit prénuptial, la présence des témoins, la dot et le douaire ou encore le cortège.  

De ce  fait, la cérémonie nuptiale des ksour du Gourara, bien qu’ayant assimilé ces «Permanences* » ainsi que l’ensemble des  règles canoniques musulmanes en matière d’union maritale, conserve néanmoins un nombre de rituels intrinsèques à  la culture zénète; lesquels subsistent jusqu’à nos jours comme c’est le cas pour le rituel matrilinéaire du Assefel.

Communion et imaginaire collectif     

L’Assfel annonce le prélude de la cérémonie des mariages chez les zénètes du Gourara ainsi que pour certains groupuscules arabes ou arabophones qui y vivent et dont l’assimilation à la culture locale constitue un substrat prédominant qui se traduit par l’usage du même dialecte, et la pratique des rites propres à cette communauté.

Interogés sur le sens du vocable,  certains avance que Assfel dérive du mot de l'arabe classique « fâ’al فأل », qu’on peut traduire  par «présage». D'autres sources penchent vers une origine tamazight. Il est à noter que le vocable désigne un rite d'expulsion du mal dans le Djurdjura en Kabylie.  

Au Gourara, la cérémonie qui porte ce nom est indissociable du corpus poétique mis en scène à travers la danse du Izlwen, plus connu sous le nom d’Ahalil. Ce dernier est chanté  lors des communions et rencontres et comprend dans sa représentation tous les aspects de la vie quotidienne des Zénètes.  Ainsi, l’Izlwen, lors du Assfel, verse dans un registre amoureux et lyrique .

L’Assfel  peut être abordé comme un rite de passage à l’âge adulte où l’ont célèbre l’amour, la bonne éducation de l’épousée, et l’épanouissement de sa future sexualité. La cérémonie devient alors un instrument didactique au service de cette initiation. 

À propos du rituel dans un sens général, observons la définition proposée par MARTINE SEGALEN ( auteure de Rites et rituels contemporains) : « un ensemble d’actes formalisés, expressifs, porteurs d’une dimension symbolique. Il est caractérisé par une configuration spatio-temporelle, par le recours à une série d’objets, par des systèmes de comportements et de langages spécifiques, par des signes emblématiques dont le sens caché constitue l’un des biens communs du groupe.» . En effet, l’Assfel s’exprime à travers divers actes allégoriques et objets qui proviennent de l’univers des femmes des ksour; et auxquels on a attribué une fonction surnaturelle.

Les rituels populaires du mariage dans l’Histoire de l’humanité figurent parmi les marqueurs du passage des peuples primitifs aux consortiums organisés. La notion du «Totem » et du «Tabou » figuraient déjà, selon Freud, chez  les premiers peuplements, et marquaient l’union et la procréation; dont les « célébrations » se développèrent par la suite pour aboutir à un ensemble de rites codifiés qui se perpétuent encore de nos jours.

 Symboles et représentations 

Il faut se représenter Assfel comme un acte solennel qui se réalise la nuit et s’ouvre par la mise en place du tassiht*, mot en amazigh pour désigner la pierre à moudre, et qui constitue la pièce maîtresse de ce rituel. Installée au centre, une doyenne du ksar entreprend de moudre le blé : symbole de vie et de fécondité; une semence sacrée pour les sociétés agraires, qui place la culture céréalière au cœur de l’imaginaire du continent africain en général et lybico-berbère en particulier. Notons, que les femmes roulent ensemble le couscous, un mets de circonstances et de prédilection dans la région.

Taslit*, la fiancé  n’assiste pas à l’Assfel, mais ne se trouve jamais loin. La pudeur lui impose de rester à l’abri du regards des femmes mariées. Le droit d’aînesse n’est pas exclusivement lié à l’âge mais au statut de chacune au sein de la société. Il est acquis lors du passage de la jeune femme au statut de mariée.

Les femmes, disposées en cercle, autour de tassiht, entonnent  des chants d’izlwen, le cercle se resserre, la cadence se fait plus rythmée. Bien que n’ayant que quelques notions rudimentaires en zénète, je parviens à déchiffrer des mots tels que «adourigh ayul iuu » (Jouant ! mon cœur ), «tahbibt » (ma bien aimée)…Ainsi, les thèmes liés à la rencontre amoureuse près de la source d’eau sont fréquents. On se demande si on peut y voir une correspondance avec la légende marocaine d’un amour impossible de « Tislit et Isli » ou encore une allégorie au mythe pan-berbère de «Tislit n’Anzar ».

Par ailleurs, cette cérémonie est strictement interdite aux azara (célibataires). Les trois jours des noces se déroulent sans que les « n’sawin » ( femmes ) ne côtoient les « t’fakhatin » (jeunes filles ). Ces dernières pourront prendre part à une autre étape du mariage, celle du Ezhou, qui verra s’installer un autre registre musical; moins soutenu, plus saccadé et bercé par les rythmes des instruments de percussion locaux tels que : derbouka et târa qui accompagnent le vacarme de la joyeuse procession pour escorter la future mariée à la demeure de son époux. La coutume veut qu’on finisse par se rendre au mausolée du saint patron du ksar pour bénir l’union.

Il est à noter que le cortège, tel qu’il est observé chez différentes sociétés, obéit aux même mécanismes. « Au niveau sociologique il est certain que le tapage, au cours du cortège, a une fonction de publicité […] il faut que la communauté locale toute entière soit avertie de cette nouvelle union; c’est pourquoi le cortège de noces parcourt bruyamment le territoire afin d’en avertir les autres membres de la communauté de cet événement » souligne l’anthropologue Nicole Belmont.

Bien que certains rites tendent à disparaitre dans les oasis du Gourara, comme c’est le cas pour l’oasis cosmopolite de Timimoun, ils demeurent encore vivaces dans des ksour enclavés et conservateurs.

Leila Assas      

 

Bibligraphie : 

  1. Belmont Nicole. La fonction symbolique du cortège dans les rituels populaires du mariage. In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 33ᵉ année, N. 3, 1978. pp. 650-655;
  2. Marion JACQUET, Les symboles de l’engagement dans les rites nuptiaux, de l’Antiquité à nos jours par Marion JACQUET sous la direction de M. Christophe COUPRY, colloque !
  3. Peyron, S. Chaker et T. Oudjedi, « Izli », in 25 | Iseqqemâren – Juba, Aix-en-Provence, Edisud (« Volumes », no 25) , 2003 [En ligne], mis en ligne le 01 juin 2011, consulté le 07 avril 2015. URL : https://   encyclopedieberbere.revues.org/1459
  4. MARTINE SEGALEN,  Rites et  rituels  contemporains, Armand  Colin, 2009(2° éd.),  25.
  5. Sigmund Freud, Totem et tabou – interprétation par la psychanalyse de la vie sociale des peuples primitifs , Ed. Payot, Paris 1976

Images : Femmes du Gourara » de Françoise Saur, éditions Médiapop, 2014


Glossaire:

tassiht*, se prononce tissiht dans d’autres régions amazigh

  Taslit* : la fiancé, se prononce tislit dans d’autres régions amazigh

« Tislit et Isli», une légende marocain


Initialement publié sur  Babzman 



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24May

Diplomate, chroniqueur, voyageur et érudit, Léon l’Africain (1486-1550), de son véritable nom Hassan Ibn Mohamed el Ouazzan, était un natif de Grenade. Il fut le témoin des bouleversements de son siècle, et incarne le trait d’union entre les deux rives de la Méditerrané, en révélant au monde occidental une Afrique encore méconnue. Sa vie se narre tel un conte riche en tribulations.

Diplomate, chroniqueur, voyageur et érudit, Léon l’Africain (1486-1550), de son véritable nom Hassan Ibn Mohamed el Ouazzan, était un natif de Grenade. Il fut le témoin des bouleversements de son siècle et incarne le trait d’union entre les deux rives de la Méditerrané, en révélant au monde occidental une Afrique encore méconnue. Sa vie se narre tel un conte riche en tribulations.


L’homme et son époque

Le XVI siècle fut marqué par de grands faits historiques et géopolitiques. Léon l’Africain n’est encore qu’un enfant lors de la Reconquête catholique par les Castillans de 1492. Il vit l’exile des andalous arrivés en masse aux Maghreb et s’installe avec sa famille à Fez où il reçoit une éducation théologique dans les plus prestigieuses écoles et medersas coraniques.  Il découvre, très jeune, des contrées lointaines telles que Tombouctou, l’Irak et l’Arménie lors des missions diplomatiques de son oncle et renforce, à son tour, sa position de diplomate et est chargé de mission auprès de la cour de la dynastie des wattaside (1472 - 1554) qui régna sur le Maghreb occidental.

Vint, dès lors, le temps des pérégrinations et des voyages qui lui inspireront son ouvrage majeur « Description de l’Afrique ». Hassan explore la Perse, l’Arménie et les contrées de l’empire Songhaï en Afrique de l’ouest avant de voir son destin basculer en l’an 1518 lorsqu’il est fait captif des castillans, au cours d’un acte de piraterie sur les côtes de l’ile de Djerba (Tunisie). Offert au pape Léon X, le lettré musulman « débarqué » dans la cour du Vatican devient une curiosité et un objet d’études pour la cour et attire la sympathie du Pape qui l’affranchit et le convie à demeurer auprès de lui. Il se fit baptiser Léon en honneur au pape Léon X, suite à sa conversion au Christianisme. En l’an 1521, il entreprend l’écriture de « Description de l’Afrique » qui ne sera révélée qu’à titre posthume.


Léon en terre de Numidie

Arrivé en terre de Numidie, selon certaines sources, en l’an 1516  lors d’un périple vers Istanbul, en passant par Tunis et l’Egypte, il décrit minutieusement les mœurs locales, livrant ainsi détails rutilants et analyses sociologiques ainsi que ses impressions sur de nombreuses villes et régions. Dans son ouvage Description de l’Afrique, il nous livre un descriptif détaillé sur la Numidie qui se traduit comme suit " Est appelée des latins Numidia et des arabes Bilad al-Jarîd (pays des palmes), commence du côté est à la cité d’Al-Waqat, distante de l’Egypte d’environ 100 m. et s’étend vers l’ouest jusqu’à Nûn, cité située et assise sur le rivage de l’Océan, et vers le nord, prend fin au Mt-Atlas, du côté regardant le sud, vers lequel confinent les arènes du désert de Libye, et les pays produisant les dattes sont d’habitudes nommés d’un seul nom par les arabes car ils sont situés en un seul endroit."

Les villes faisant partie de la Numidie telles mentionnées par Léon l'Africain sont Dara et Ifran (actuel Maroc), Tabelbalat, Tsabit, Tajurarin, Mzab, Taggurt, Warghla, Zab (actuel Algerie), Jarba (Tunisie) et Ghadamis, Fzzân (en Libye).

L’importance de ses écrits est sans conteste, et ce, pour les générations à venir un legs inestimable comme le précise A, BEIBIUGGER qui  exprime en ce sens le rôle  de l’ouvrage de Léon l’Africain pour cerner le Continent Noir au moment de l’entreprise coloniale occidentale. Des détails cocasses à la description géostratégique, ses récits ne sont exempts de controverses mais, néanmoins, non négligeables et denses en  informations « Léon occupe la première place dans cette galerie africaine et ce n’est pas sans motifs. Contemporain et spectateur de l’établissement turc à Alger, il se trouve, par sa date, en tête de la période [ ] qui s’ouvre avec le 16′ siècle; alors que l’Europe commence contre l’Afrique du Nord la série des entreprises militaires » et ajoute « Léon a été mis largement à contribution par tous les auteurs qui ont écrit sur l’Afrique depuis trois siècles ».

Ce contemporain de Charles Quint; des Frères Barberousse ou encore le Jacob Mantino ben Samuel, avec lequel il élabore un dictionnaire hébreu-arabe-latin, fut un nœud central de clivage entre Occident et Afrique, et pratiqua le comparatisme bien avant Montesquieu, l’auteur des « Lettres persanes ».

C’est sans conteste, le roman historique d’Amin Maalouf, paru en 1986, qui le révéla à notre époque. Il revient à travers les quatre chapitres du livre « Le livre de Grenade » , « Le livre de Fez », « Le livre de Caire » puis  « Le livre de Rome » sur la dimension humaniste  et universaliste de Léon l’Africain. « …de ma bouche tu entendras l’arabe, le turc, le berbère, l’hébreu, le latin et l’italien vulgaire, car toute les langues, toutes les prières m’appartiennent » dixit Léon l’Africain à travers la plume du romancier.

Leila Assas

 

Bibliographie

  1. LÉON L’AFRICAIN:Description de l’Afrique. Paris, Leroux, 1896-1898.
  2. Léon l’Africain, voyageur entre deux mondes parMEHDI GHOUIRGATEMAÎTRE DE CONFÉRENCES EN ARABE À L’UNIVERSITÉBORDEAUX-MONTAIGNE ET MEMBRE DU PROJET “IGAMWI”   lettre persane
  3. A, BEIBIUGGER, Jean Léon- Revue Africaine N° 11 juillet 1858
  4. BousbaSouhila, Histoire et interculturalité dans Léon l’Africain d’Amin Maalouf . Master Sciences des textes littéraires- Université Abderrahmane Mira de Bejaia2016
  5. Portrait de Léon l’Africain par Sebastiano del Piombo, vers 1520).

Initialement publié sur Babzman

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18May

Les Gétules font partie de la grande famille des berbères, qui forment avec les Numides, Maures et Garamantes un ensemble, à qui l’on attribue les premiers peuplements de l’Afrique du nord.Le terme Gétule renvoie tantôt un une peuplade, tantôt à un mode de vie les distinguant des libyens* du nord selon Hérodote. la définition demeure imprécise et sujet à controverses.

Les Gétules font partie de la grande famille des berbères qui forment, avec les Numides, Maures et Garamantes, un ensemble auquel l’on attribue les premiers peuplements de l’Afrique du nord. Le terme Gétule renvoie tantôt à une peuplade, tantôt à un mode de vie les distinguant des libyens* du nord selon Hérodote. la définition demeure imprécise et sujet à controverse. 


Les Gétules entrent dans l’histoire  

Les Gétules sont mentionnés pour la première fois dans les chroniques puniques par l’historien de la Rome antique, Tite-Live. Enrôlés dans l’armée d’Hannibal durant la Seconde Guerre punique (IIIe siècle Av J- C), ils sont décrits comme de redoutables guerriers. Durant la période romaine, ils sont signalés en Mauritanie Tingitane (Maroc), en Numidie (nord de l’Algérie) et au sud de la Berbèrie occidentale (Lybie). Ils sont tantôt perçus comme étant une confédération à part entière, tantôt assimilés aux Garamantes, une autre confédération berbère avec laquelle ils partagent des traits communs, à savoir, le nomadisme au-delà des Limes* romains.  

« [  ]Ces cavaliers Gétules, pasteurs et nomades, héritiers des éleveurs de bovins du Néolithique final et prédécesseurs des chameliers, ces cavaliers nomades avaient déjà appris à remonter tous les étés vers les pâturages septentrionaux. » explique le spécialiste de la protohistoire berbère, Gabriel Camps, qui s’oppose à la représentation binaire : nomades versus sédentaires et met en exergue les prouesses de ces bâtisseurs de fortifications, de sites funéraires et d’autels. Pline l'Ancien en énumère trois familles : dariens (en référence à Draa), baninures et autololes . Un important métissage avec des populations du Sahara méridional, au-delà des limites du Haut Atlas, l’Atlas saharien et les Aurès vers l’actuel Niger et le Mali donna naissance aux mélano-gétules, appelé également les  éthiopiens ou Aethtopes, terme fréquemment employé par les historiens romains de l’antiquité pour désigner les populations du  sud de la Numidie, voisin des Mazices. Les deux sont repartis en fonction de l’élément anthropologique, dit mélano, c’est-à-dire basé sur la couleur de peau.  

Rappelons que le terme « éthiopien » ne désignait pas uniquement les habitants de l’Abyssinie (Éthiopie) mais littéralement « ceux aux visages brulés », à ce propos, Camps dit ceci «  [ ] dans l’Antiquité, le Sahara septentrional était déjà un désert parcouru à l’ouest par des Gétules et à l’Est par des Libyens nomades (Mazices) qui furent parfois également appelés Gétules [ ] ". Ces peuples contrôlaient les oasis, déjà décrites au V ème siècle avant notre ère par Hérodote, où des populations mélanodermes, les Ethiopiens, cultivaient les palmiers et le blé tendre." S’appuyant sur les propos du navigateur Scylax, IV ème siècle av. J.C.,  Camps évoque les Gétules comme les éthiopiens occidentaux . 

Les Gélules sont considérés comme étant les ancêtres des Zénètes du Gourara (sud-ouest algérien), une thèse soutenue par le chercheur Rachid Bellil. Plusieurs tribus connues s’apparentent aux Zénètes, citons parmi les plus illustres noms, ceux de  Dyhia, Tarik Ibn Ziad et Tacfarinas.  

 Leila Assas 


Bibliographie : 

  1. Gabriel Camps – collection Encyclopédie de la Méditerranée – Éd. Alif, les éditions de la Méditerranée Tunis, 1992
  2. DJEKRIF Yasmina Conservatrice de la Bibliothèque de l’Ecole Normale Supérieure de Constantine
  3. Maya Shatzmiller, « Le mythe d’origine berbère (aspects historiques et sociaux) », dans Revue de l’Occident musulman et de la Mediterranee, 1983, vol. 35,
  4. Mahfoud Ferroukhi ,les Aguellids des Imazighen (du 3eme siècle avant J.-C. au 1er siècle après J.-C.)
  5. TITE-LIVE, Histoire romaine, XXIV – XLIII, trad. A. Flobert, Paris, 1978.
  6. Image :

Initialement publié sur www.babzman.com

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17May

Izlwen n’ Tigourarin (les chants du Gourara), du singulier Izli, sont des corpus poétiques du Gourara, et font partie de la grande mosaïque de la poésie berbère. Bien qu’étant hétérogène dans ses structures et formes d’expressions, cette dernière conserve néanmoins des fondements d’une norme commune, véhiculée à travers les thématiques abordées et les représentations d’un imaginaire collectif, axé sur  la communion entre le chant et l’oralité.

 

Izlwen n’ Tigourarin (les chants du Gourara), du singulier izli, sont des corpus poétiques du Gourara, et font partie de la grande mosaïque de la poésie berbère. Bien qu’hétérogène dans ses structures et formes d’expression, cette dernière conserve néanmoins les fondements d’une norme commune véhiculée à travers les thématiques abordées et les représentations d’un imaginaire collectif.


Échos lointains

Izlwen n’ Tigourarin représentent la forme antéislamique de l’actuel Ahalil. Cette musique emblématique du Gourara a été portée à l’universalité grâce aux travaux de Mouloud Mammeri, qui lui consacre plusieurs ouvrages et la définit comme suit : "Manifestation à la fois musicale, littéraire et chorégraphique célébrée comme un spectacle profane en même temps qu’une cérémonie quasi religieuse". Il faut savoir que l’enchevêtrement de la dichotomie redondante "sacré / profane" est souvent abordé pour désigner ce genre poétique. L’origine antéislamique, perçue à travers l’évocation des thèmes amoureux et jugée profane, a été évoquée par Mammeri qui soulève les diverses influences ethnico-théologiques : amazigh, judaïque, chrétienne, et kharidjite. Toutes antérieures à l’islam sunnite dans la région, aujourd’hui courantes dominantes.

Le chercheur Mohamed Salem Benzayed n’opère aucune distinction entre "l’Ahalil" et "Izlwen", et énumère d’autres appellations telles que "el Ogroud", "el H’dar". Il convient de préciser que l’usage du vocable "izlwen", dans les ksours enclavées du Gourara, tels que Toki, Deldoul ou encore Charaouine, est très fréquent. Et la distinction entre Izlwen et Ahalil y est marquée par l’aspect religieux de ce dernier. Les Izlwen sont donc une sorte de palimpsestes antiques, disposant d’une forme dominée par le registre religieux depuis l’implantation de l’islam "orthodoxe" des churfa venus du Tafilelt au Maroc dès le XVIe siècle.


Héritage immatériel du pan berbère

La racine [IZL], attestée dans l’ensemble de l’aire linguistique, littéraire et culturelle amazigh, renvoie à une forme de poème lyrique très court, souvent chanté par un chœur féminin lors des « joutes poétiques ». On le retrouve chez plusieurs tribus amazighes telles que les Rifains et les Chleuhs marocains, les Kabyles, les Touaregs et les Zénètes du Gourara. Le plus emblématique " izli " est l'idylle marocaine de " Isli et Tislit ", voici un vers :

« Je te jure que tu m’as séparé de ma tête Et que les gens passent sans que je les reconnaisse »

Il ne s'agit pas d'une forme poétique figée mais plutôt d'une multitude de variantes. « Izli signifierait-il désormais, ou selon certaines régions, un poème d'expression amoureuse. Il n'est pas exclu que ce terme ait connu une spécialisation de son sens pour ne désigner qu'un type de chant. » souligne Mohand Akli Salhi, chercheur au Département de langue et culture amazighes de l’Université Mouloud Mammer (Tizi-Ouzou), dont le domaine de recherche est principalement axé sur les corpus kabyles.

La mainmise et la domination des agents religieux incarnés par la voie mystique n’ont pas pu éradiquer les pratiques et rituels des Ksouriens Zénètes. L'Izli cède la place à l'Ahellil qui serait donc devenu une sorte d'instrument pédagogique; mais conserve des traces indélébiles d'un imaginaire profane et érotique.

Leila Assas

Bibliographie : 

  1. Rachid Bellil, « Les Zénètes du Gourara, leurs saints et l’ahellil », Insaniyat / إنسانيات, 11 | 2000, 99-108. 
  2. Mohand Akl i SALHI, « Modalités et distribution sociale de la littérature dans la Kabylie traditionnelle » ,Département de langue et culture amazighes Université Mouloud Mammeri . Tizi –Ouzou 
  3. Bounfour, « Littérature berbère traditionnelle », in28-29 | Kirtēsii – Lutte, Aix-en-Provence, Edisud 
  4. (« Volumes », no 28-29) , 2008 [En ligne], mis en ligne le 01 juin 2013, consulté le 28 août 2014. URL : https:// 
  5. encyclopedieberbere.revues.org/355  
  6. Peyron, S. Chaker et T.Oudjedi, «Izli », in 25 | Iseqqemâren – Juba, Aix-en-Provence, Edisud 
  7. (« Volumes », no 25) , 2003 [En ligne], mis en ligne le 01 juin 2011, consulté le 07 avril 2015. URL : https:// 
  8. encyclopedieberbere.revues.org/1459 


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10May

L’islamisation du Royaume du Manding* du Mali a eu lieu en 1050 par les Almoravides (confédération de tribus amazighes du Maghreb). Depuis, le royaume a entretenu des relations privilégiées avec les sultans du nord, alternant alliances et des rivalités.

L’islamisation du Royaume du Manding* du Mali a eu lieu en 1050 par les Almoravides (confédération musulmane de tribus amazighes du Maghreb). Depuis, le royaume a entretenu des relations privilégiées avec les sultans du nord alternant alliances et rivalités.

Les principales sources écrites au sujet de ce royaume nous viennent d’historiographes arabes et amazighs d'expression arabe tels qu’Ibn Khaldoun, Ibn Batouta et Al-Omari.


Alliés économiques et vassaux 

Le royaume du Manding prospère sous le règne du Mansa* (Moussa appelé aussi Kankan Moussa), c’est-à-dire, de 1312 à 1337. Il est considéré, selon les historiens, comme l’homme le plus riche de tous les temps, une richesse acquise par le commerce transsaharien. En ces temps-là, Tombouctou est parvenue à s’ériger en pôle d’érudition, medersas et mosquées sont construites partout dans le royaume et le plus emblématique de ces édifices, encore existant de nos jours, est la mosquée de Djingareyber. Un chef d’œuvre de l’architecte andalou Abu Ishak el-saheli.

Mansa Moussa contrôle les routes transsahariennes du commerce et du savoir; reliant ainsi l’Afrique subsaharienne à l’Afrique du nord, en pourvoyant les uns de sel, d’épices, d’étoffes et de livres; et les autres en or des mines de Bouré (Guiné) et en esclaves. Il assoie, ainsi, une constante domination sur les provinces voisines et force le respect de ses homologues du nord avec lesquels il entretenait des relations diplomatiques. Ainsi, plusieurs principautés rivales du nord, telle les Almohades, Hafsides, les Mérinides et les Zianides ont souvent disputé ses faveurs et sa protection. 

Connu pour sa piété, son célèbre pèlerinage à la Mecque en 1324 est relaté comme étant un majestueux périple, à la fois solennel et diplomatique. Il passe par le Touat (Algérie) où les chroniqueurs font mention d’une maladie qui aurait frappé beaucoup de ses  domestiques ce qui les contraint à y demeurer. À son retour des Lieux Saints, il  fit la rencontre, à Ghadamès (Lybie), d’El Mâmer, descendant des Almohades, qui de coutume réside à la région du Zab à Biskra. Ce dernier sollicite Moussa Kankan pour lui octroyer une armée afin de conquérir Ouargla. Moussa consentit à condition que ce dernier vint la chercher lui-même au Mali.

Il fut aussi un grand ami de la dynastie amazigh des Mérinides, il dépêche ses ambassadeurs de féliciter Abu Hassan suite à sa victoire sur les Zianides et la prise de Tlemcen en 1337. Ce jeu d’alliance s’est pérennisé avec les successeurs de Mansa Moussa. Maurice Delafosse, s’appuyant sur les Prolégomènes d’Ibn Khaldoun, relate ceci : « Au moment de la mort de Kankan-Moussa, l’empire du Mali avait atteint des dimensions, une renommée et une puissance   considérables. Gao, Tombouctou, Oualata, Araouan, Tichit, Tadmekket, Takcdda et Agades reconnaissaient la suzeraineté de l’empereur mandingue et lui payaient tribut, [  ] et les tribus berbères fournissaient des contingents à l’armée mandingue » .  


Leila Assas


Mansa:  Roi des rois, titre honorifique en langue mandingue.

Mandingue pour la langue et manding pour le pays, sont usités pour désigner le Mali actuel et sa langue vernaculaire.

 

Bibliographie :

  1. John Iliffe, Les Africains, histoire d’un continent, Flammarion, Champs-histoire n° 881, Paris, – 2009 (2e éd.)
  2. Becker C., 1991, Vestiges, peuples et civilisations protohistoriques de la Sénégambie. Bibliographie. Dakar, ORSTOM-CNRS : 27 p.
  3. Maurice Delafosse, Soudan Français, Le pays, les Peuples, les Langues, l’Histoire et les Civilisations, sous la direction de M. le Gouverneur Clozel , Ed, Emile Larose, Paris, 1912
  4. Isée B., Claire K., Marianne L. L’Afrique au Moyen Age :L’empire du Mali au XIIIe-XIVe siècle
  5. Illustration 2: Altas Catalan,  Cartographie ( 1375)

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27Apr

Dans l’imaginaire collectif universel, le désert évoque cette vaste étendue aride et inhospitalière, où la vie y est extrême, difficile voire impossible. Du désert polaire Arctique et antarctique, au désert de Gobi, en passant par le désert de Sibérie; les particularités varient. Certains sont rocailleux, d’autres sableux ou neigeux.

Dans l’imaginaire collectif universel, le désert évoque cette vaste étendue aride et inhospitalière où la vie y est extrême, difficile voire impossible. Du désert polaire Arctique et antarctique, au désert de Gobi, en passant par le désert de Sibérie; les particularités varient. Certains sont rocailleux, d’autres sableux ou neigeux.

Au second degré, le vocable renvoie inéluctablement à une représentation péjorative : à l’absence, tel le désert intellectuel ou émotionnel.


Le Tanezrouft «un désert dans un désert»

En Algérie, le désert  représente plus de 80 % du territoire  national, cela correspond à plus de deux millions kilomètres carrés. Appelé également Sahara ou Ténéré, ce désert est multiple. La  diversité de la faune et de la flore est due aux ressources hydrauliques souterraines ayant contribué à la création d’écosystèmes et à l’implantation ethnique tantôt nomade, tantôt sédentaire; citant parmi elles les  gélules et les garamantes. Ce vaste territoire fut la terre promise des civilisations antiques depuis le néolithique. Il est immérité de le qualifier de « désert ».

Il existe, cependant, une zone stérile d’extrême aridité appelée el Tanezrouft et qui signifie le « Pays de la soif » en langue tamaheq. Ce lieu représente le désert absolu « un désert dans un Désert ». Situé à l’ouest  du massif du Hoggar, sa route commence au nord du Tidikelt et se poursuit jusqu’aux limites du pays d’Azawad et de la Mauritanie.

tan 1Les images satellitaires l’indiquent  clairement sous forme triangulaire. On peut alors penser que l’expression populaire « El telt el khali »,  littéralement  le triangle vide et évoquant dans le parler algérien : une contrée lointaine et inhabitée, où les êtres vont en risquant de ne jamais revenir; soit inspirée du Tanezrouft qui pourrait être ce lieu-dit, plat sans reliefs, dépourvu de toute présence animal, végétale ou humaine. Le néant. Cette expression est analogue à « rub el khali » « le Quart Vide » qui désigne le désert de la péninsule arabique qui présente des caractéristiques analogues au Tanzrouft.

Hostile et inhabité, le Tanezrouft demeure toutefois un passage certes rude mais inévitable pour les caravanes touareg qui  l’empruntaient pour se rendre à Taoudénia et Teghza au Mali :  deux pôles d’exploitations légendaires de la route de « l’Or blanc» : le sel de gemme. Cette traversée durait environ trois semaines. Seules Etran (étoiles) et les constellations guidaient les pas des méharistes qui, tout comme les marins, ont appris à observer les cieux  pour sillonner le désert. De retour chez eux, les méharis arrivaient chargé de biens : sel, denrées et esclaves. Les plus vaillants d’entre eux seront auréolés de gloire, et leurs exploits seront chantés pour que leurs actions d’éclats s’inscrivent dans la postérité.


« 1400 km d’inconnu, dont mille sans eau »  

Nous sommes loin de l’ère d’Hérodote, de Marco Polo, d’Ibn Batouta, de René Caillé et de Levis Strauss; ces explorateurs curieux et humanistes qui laissent entre-ouvertes des fenêtres sur un monde insoupçonné et des terres inconnues. 

À l’inverse du voyageur-touriste, qui se distingue par son attrait pour le risque et l’inconnu, « l’explorateur accepte le « danger » inhérent à son entreprise et souvent omniprésent, quand le simple voyageur n’a au contraire, de cesse de chercher à le réduire voire à le supprimer ».

Surnommé « terre de la terreur », El Tanzerouft a suscité depuis le début du siècle dernier, l’intérêt et nourrit les fantasmes des explorateurs occidentaux avides d’aventures, de voyages, de mystères et de danger. Le pionnier d’entre eux fut le dénommé lieutenant Cordier qui, en 1913 rendit compte dans son carnet de voyage de ses impressions en décrivant  la région en ces termes : « 1 400 km d’inconnu, dont mille sans eau ».

En février 1926, les frères Estienne, dont l’un fut chef de la mission                « Algérie-Niger » pour le compte de la Compagnie Générale Transsaharienne, balisent la piste du Tanezrouft grâce à deux points de repères situés entre Reggane et Bordj-Badji-Mokhtar. Depuis, ce sont des points de contrôles militaires baptisés Bidon V et PK200.

L’exploit suprême revient au naturaliste Théodor Monod, spécialiste du Sahara. En 1934, il réalisa une traversée à pied du Tanezrouft pour se rendre à Chinguetti en Mauritanie. Il en dira : « In Dagouber, c’était jusqu’à présent, l’extrême limite de la zone connue, vers le nord-est, en direction du Sud algérien. Au-delà, le Tanezrouft, désert intégral, ignoré des « indigènes » eux-mêmes. Il faut pourtant se décider à aller voir ce qu’il y a dedans, et s’il n’y a rien, à aller voir qu’il n’y a rien, de façon à en être sûr. » 

L’exploration du Tanzeouft devint depuis non pas sans risques mais envisageable. En 1936, un phare baptisé pharetan « Vuillemin » et haut de 32 mètres, a permis l’exploration aérienne du Tenzeouft, jusque la estimée extrêmement  périlleuse; puisqu’elle coûta la vie au Capitaine Lancaster dont l’avion s'est écrasé en 1933 et n’a été retrouvé que 29 ans plus tard. Des  raids baptisés « sur les traces de Lancaster » sont organisés jusqu’à nos jours.

« Les voyages sont des moments particuliers de l’existence pendant lesquels nous sommes confrontés, de façon plus explicite, à l’espace ». De nos jours, voyage rime avec tourisme : un simulacre d’exploration auréolé d’exotisme car quand bien même les contrées que nous visitons sont lointaines, elles sont démystifiées et balisées. El Tenezrouft reste mystérieux, l’aborder relève de l’ordre du défi. « La piste » comme l’aime l’appeler les contrebandiers demeure une énigme. 

Leila Assas 

Sources :
Arlette Estienne- Mondet, Ligne du Hoggar, Paris, Philippe Chauveau,‎ 2005
Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, Académie des sciences
(France), 1939, Gauthier-Villars.
Théodor Monod - Les Déserts, Horizons de France, Paris 1973
Cyrille Monod, - Les Carnets de Théodore Monod , Le Pré aux Clercs, 1997
http://www.moncelon.com/desertenverite.htm
www.britannica.com/place/Tanezrouft
‎
http://www.3emegroupedetransport.com/WilliamNewtonLANCASTER.htm
BAILLY, A., SCARIATI R., 1999, Voyage en géographie, Anthropos
AUGÉ, M., 2000 [1997], L’impossible voyage – Le tourisme et ses images, Rivages poche/Petite
bibliothèque
BRUNEL, S., 2006, La planète disneylandisée, Sciences humaines éditions
GAY, J.-C., 2008, « Tourisme, interfaces et discontinuités », Les interfaces - Ruptures, transitions et
mutations, Presses universitaires de Bordeaux, Espaces tropicaux, n° 19
Citation 1 Bruno Lecoquierre - L’usage du voyage en géographie
Citation 2- Bailly, Scariati


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